Nos limites

“T’aime ça, ça se voit! Elle est bonne ma bite. Vas y, suces, suces moi bien!”.

Mon dieu! Avec le recul, certaines choses nous paraissent affligeantes. Ce n’est pas tant les mots (ces mêmes mots peuvent très bien avoir leur place dans une relation intime, parce qu’à l’intérieur de cette relation, il y a des sentiments, de la confiance, de l’attention à l’autre), mais la façon de le dire, le ton, oui c’est ça le ton du mec qui se croit tout permis, parce que…parce que quoi déjà? Il y a toujours une excuse toute trouvée au manque de respect avéré de certains.

C’est aussi le retour en force d’une négation de soi. Accepter d’entendre ça et ne rien dire. Alors même que ça dépasse (largement) des limites que nous pensions bien ancrées. Mais quand on a accepté une fois de se faire traiter de “pute” sans réagir, c’est presque normal de s’écraser ensuite. Le respect de soi est un luxe qu’il faut ré-apprivoiser.

Dans certaines situations, on se retrouve encore, comme sous le joug, comme perturbé, à un niveau que personne ne peut saisir. On voudrait pouvoir hurler, mais on s’écrase, par habitude. On revient à une version antérieure de nous-même.

C’est perturbant sur le moment. Cette impression de n’être qu’un élément du décor, sur lequel on passera, juste pour passer. On se souvient de ces nuits tristes, à n’être qu’un orifice, un cratère aux contours brûlés. Ça cogne contre nos tempes. Et lui, il est là, avec ses mots qui écorchent tous nos pas en avant. En quelques secondes à peine, il vient mettre à mal l’estime que l’on gagne depuis peu, au gré des “non” que l’on pose. Parce qu’un jour on a décidé qu’on valait mieux que tous ceux qu’on a laissé jouer avec nos corps. Un petit jeu malsain.

On échouera encore, très certainement, avant de pouvoir poser des limites franches. Des limites que nous nous sentirons libres d’exprimer, que nous n’aurons pas à justifier.

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Plurielle

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Crédit Pixabay

Il y a toujours eu cette dualité en moi.

J’ai toujours eu du mal à me positionner. A trouver mon équilibre.

Beaucoup de choses sont assez compartimentées dans ma vie. Comme des repères pour savoir où j’en suis, où je vais. Ce qui laisse parfois peu de place à la liberté d’être, tout simplement.

J’ai longtemps mis de côté une partie de moi. Parce qu’elle ne collait pas à l’image que l’on se faisait de moi. Tout comme elle ne collait pas à l’image que je me faisais de moi. Comment tout conjuguer?

J’avais l’impression qu’il me fallait choisir. Je ne pouvais pas être l’amante et la mère, douceur et érotisme, sensuelle et guerrière, abandon et organisation, vulnérable et forte.

Aujourd’hui encore les deux images parfois se télescopent. C’est moins déroutant qu’avant. J’arrive davantage à faire la part des choses. C’est un constant déséquilibre que j’oublie dans l’action. Et puis qui refait surface à la faveur d’un échange.

Je m’apprends chaque jour. Dans la légèreté. Comme dans les doutes.

Le plaisir: un voyage magique!

Il est des choses que l’on fait par plaisir. Et d’autres pour faire plaisir.

Aucun plaisir ne prime. Parfois le plaisir et le faire plaisir se mêlent.

Certains tirent leur plaisir du plaisir vécu par l’autre. D’autres s’offrent au plaisir de l’autre sans en tirer quoi que ce soit.

Ces notions sont subjectives. Ce que je ressens / comprends du plaisir ou du faire plaisir ne s’accordera pas forcément au ressenti / à la compréhension de tel autre.

Le plaisir de l’autre au détriment du sien. C’est quelque chose que je ne saisis pas. Pour l’avoir trop pratiqué peut-être. Pour avoir laissé le plaisir de l’autre faire du mien un vulgaire accessoire, un à-côté sans intérêt, sans importance.

Revenons-en au plaisir, à celui que l’on offre, plus précisément. Et que l’on prend aussi. Le donner implique que l’on regarde l’autre, que l’on s’imprègne de ce que l’autre vit, au moment où nos mains, nos bouches, nos sens l’effleurent, le touchent.

L’autre peut parfois rester indéchiffrable, c’est vrai. Alors mieux vaut les mots peut-être. Le plaisir est si riche, qu’il se décline à l’infini et se vit aussi, intensément, en soi et dans sa rencontre à l’autre. S’il est contenu, il devient triste. Un plaisir triste ce n’est plus du plaisir. Le plaisir s’inscrit dans un mystère, dans l’inconnu. Il se réécrit à chaque instant.

Je regarde beaucoup les femmes. Je les étudie. Je suis parfois fascinée et parfois déconcertée. Certaines semblent se plier à des volontés ou bien faire par habitude. Une caresse par habitude, quelle horreur ! Elles continuent leur ballet, sans passion. C’est pourtant tout, la passion. La sensualité, la grâce, la volupté. C’est quand même quelque chose de magique. Le toucher, quel qu’il soit, fait passer des messages. Les terminaisons nerveuses envoient des signaux. Il suffit d’un peu d’attention. A l’autre. A soi. Une caresse est un voyage, un vol d’oiseau, une explosion.

Ce n’est pas juste une caresse. Ce n’est pas juste du plaisir.

C’est l’expression pleine et entière de qui l’on est et de ce que l’on souhaite partager voir abandonner à l’autre. C’est une rencontre. Comme on le ferait pour un rendez-vous, s’apprêter, y inviter quelques grammes de soie, un peu de dentelle, un soupçon de fantaisie. Et se laisser emporter dans le tourbillon qui nous promet de splendides destinations…

(Il)légitime?

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Copyright Hédoné

Ce mot fleurit un peu partout.

Certains couples le clament haut et fort. Mais qu’est-ce qu’un couple illégitime?

A partir de quand, de quoi un couple rentre dans telle ou telle catégorie?

J’ai du mal avec les mots qui limitent. Qui enferment dans des cases morales. Qui nous valorisent peut-être (la tentation de l’interdit) ou bien mettent à mal nos valeurs (l’interdit devient source de souffrance).

De quoi est fait le couple? Qu’est-ce qui le compose? Qu’est-ce qui entrave son épanouissement?

Qu’est-ce que la légitimité? Le mariage? Ou les sentiments?

Je n’irai pointer personne du doigt. J’ai longtemps eu des principes moi aussi qui me disaient que telle voie ne pouvait être empruntée, au risque de…

Je me suis sentie maintes fois prisonnière d’un schéma de pensée qui me plaçait du côté de celles qui s’étaient trahies.

Ce n’est qu’à l’écoute de mes sens, de ce qui bat à l’intérieur de moi que j’ai pu faire face à mes propres démons. C’est en revenant à l’essence que je me suis retrouvée, loin des “on dit”. Je ne me pose plus la question de la “légitimité”. Mes sentiments sont vrais. C’est la seule valeur que je reconnais.

 

La puissance d’un regard

J’ai regardé leurs mains liées
Il y avait quelque chose de particulier dans ce geste
D’intemporel dans ce rapprochement intime

Leurs mains se parlaient
Oui, elle disaient la vie et l’amour
Et l’envie peut-être aussi

Leurs yeux se cherchaient
Ils se trouvaient puis se dérobaient

Il y a quelque chose de profondément délicat
Dans un regard amoureux
Il voit au delà des pupilles et de l’iris
Le regard amoureux rentre à l’intérieur
Il met à nu, complètement
Il déshabille l’être
Entièrement
On se tient alors vulnérable devant l’autre
Fantasmes, envies, désirs, limites, peurs
Livrées
Le regard amoureux brise l’armure
La protection
On ne peut mentir
On ne peut se traverstir
Il est même parfois délicat de soutenir le regard
De celui ou de celle qui nous perce à jour
Alors on esquive
On baisse les yeux
Par pudeur
Comme si ce que nous cachons si bien
Devait être préservé
Alors même que c’est dans cette relation à l’autre
Que le sublime, le sensuel, la volupté existent
L’autre dont le regard amoureux
Au lieu de nous contraindre
Nous porte vers la vie.

Dites-mois ce que vous inspire le regard? Regardez-vous facilement dans les yeux? Ou est-ce quelque chose qui vous fait peur? 

Assumer ses choix…

Près d’où nous nous tenions, il y avait des femmes. Robes noires, courtes ou pas, un peu décolletées sûrement et talons hauts, sans aucune doute. Je ne regardais pas forcément dans cette direction. Ce sont les mots – comme toujours, les mots, leur poids – qui m’ont fait tourner la tête.

Des femmes et des hommes aussi. Rien de plus normal. Un samedi soir. Dans un coin animé de la ville. Qui se dirigeaient vers une porte. Discrète. Lumières tamisées. Ils étaient comme vous et moi. Et en quelques secondes à peine, on leur avait collé une étiquette. Pas la plus belle!

En d’autres temps, j’aurais utilisé le même mot. “glauque”. Tout ce qu’on ne connait pas, qu’on imagine à partir de plein d’images, plein d’interdits, plein de peurs l’est. On pourrait dire “étrange” mais c’est moins appuyé que “glauque”. Dans “glauque” il y a presque la notion de “mal”, de “sale”. Un travers, une inclinaison douteuse. Une sexualité qui dérange. Qui n’est pas “normale”.

L’échangisme a cette réputation. D’ailleurs je trouve le mot “échangisme” réducteur. Club échangiste, c’est comme ça qu’on appelle ces endroits, ces alcôves sombres où les corps se partagent sans pudeur, se donnent du plaisir, s’exhibent en toute liberté. On ne sait pas vraiment ce qui se trame derrière ces portes closes. On laisse notre imagination faire le travail. Et elle est très douée pour ça. Pour nous mettre plein d’idées biscornues dans la tête. Je préfère le terme “libertin” mais ce n’est qu’une question de sémantique. Le libertinage n’a pas bonne réputation non plus. Un peu trop dévergondé pour la bonne société.

Je n’ai rien dit. J’ai été de ce côté aussi. Sans toutefois jugé qui que ce soit. Ce n’était juste pas pour moi. Je n’ai rien dit. Je suis restée en dehors de la conversation. Et elle s’est éteinte d’elle-même – ces personnes ne méritaient pas qu’on s’y intéresse. J’aurai bien aimé pourtant avoir l’audace de lancer le débat, de savoir ce qui se cachait à l’intérieure de chacune des personnes qui étaient là – mes amies de longue date. Savoir si il y avait un quelconque fantasme qui les liait à un tel lieu. Savoir comment elles voyaient les choses, si c’est la peur ou la pudeur qui les faisaient parler ainsi, même si elles se sentaient épanouies dans leur vie intime. Juste pour voir jusqu’où on pouvait aller dans les confidences, ce qu’on pouvait vraiment se dire, ce qu’on pouvait vraiment entendre, écouter les unes des autres.

Je ne l’ai pas fait. Je ne me suis pas pour autant sentie blessée par leur jugement. Qui ne m’était pas destiné. Juste un peu perdue. Était-ce un manque de confiance ou la peur d’être regardée de travers qui m’avait fait agir ainsi?

Un jour j’aurai peut-être, je l’espère, le courage d’assumer mes choix.

Confession Libertine #4

On en parlait. Non. Tu en parlais.
Moi, je me cachais derrière mes peurs. Tant de peurs. De ne pas être assez. Sûrement. Un autre monde. Une autre histoire. La mienne. La tienne. Sans la connaître, j’ai crains de ne pas être à sa hauteur, à la hauteur de ce que tu avais vécu, ressenti, éprouvé…

On en parlait un peu. A chaque fois je me disais qu’il ne fallait pas. Trop dangereux. Pas vraiment à l’aise. Je ne savais pas qui j’étais. Ni de quoi j’étais capable. Je craignais une sorte de dépendance. Et de ce que ça voulait dire. Pour toi. Et moi.

Il y a eu des soirées euphoriques. D’autres où rentrer sans toi me laissait le cœur chancelant. Je ne savais pas vraiment où j’en étais.
Il y a eu des soirées sensuelles au possible. Et d’autres où je perdais ton regard. Et c’était terrible à l’intérieur de moi. Juste à l’intérieur.

Il y a eu une soirée où j’ai eu l’impression d’être un objet. Et tant d’autres où je me suis sentie pleinement femme. Pleinement moi. C’était dérangeant. Puis c’était enthousiasmant. C’était étrange. Tellement loin de cette image bien cadrée que j’avais de moi. Une image sous contrôle. Et d’un coup être libre, ne plus se soucier de ce qui est “bien” ou “mal”. Juste vivre. Voilà c’est ça. Tu m’apprends à vivre. A faire des expériences. Sans les juger. Sans me juger.

Il y a eu tant de moments complices. Ce sont les meilleurs. Où nos plaisirs s’accordent. Nos envies se conjuguent.

On en parle. J’en parle beaucoup plus facilement. Je manque encore d’audace. Dans les gestes. Les mots. L’attitude. Je ne sais pas toujours. Ce que je peux être. Ce qui est moi. J’ai encore un peu peur parfois. Du trop. Du dérapage. Mais tu es là. Alors les peurs se défilent. Je m’affirme un peu plus. Je me fais un peu plus confiance. Je lâche prise un peu plus souvent. Je m’ouvre à la découverte de moi.

Confession Libertine #3

Faire pour faire plaisir. Pour l’autre. Non. Ce n’est pas un concept qui m’est étranger pourtant. Depuis, j’ai appris.

La première fois, c’était un choix. De nous deux. Une découverte plutôt. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je ne savais pas comment j’allais réagir, ni interagir. Il n’y avait aucun enjeu, si ce n’était de passer un bon moment ensemble. Complices.

J’ai osé ce pas en toute liberté, après maintes et maintes discussions sur le sujet. Il était pour moi hors de question de poser un acte, juste pour lui faire plaisir, parce que lui en avait envie. J’ai préféré attendre d’être prête. Il a toujours été là pour répondre à mes interrogations et me rassurer. Le respect avant tout. De l’autre et de soi-même. Quand on ne se respecte pas, on fait souvent porter à l’autre le poids de nos choix, comme si ceux-ci avaient été quelque peu forcés. C’est rarement le cas. Nous nous mettons seuls la pression en pensant que l’autre nous aimera moins ou différemment si nous ne faisons pas telle ou telle chose.

Je pense qu’il faut être sur la même longueur d’ondes pour faire cette expérience. En parler bien sûr. Avant. Après. Pouvoir se dire les choses. Pouvoir dire “oui” et “non”. Aussi. A partir du moment où le plaisir n’est pas réciproque, il y a un déséquilibre qui ne peut qu’être nocif pour le couple. A force de compromis, on finit par nier ce qui compte pour nous.

Il nous arrive, en club, de voir des couples qui n’osent pas, qui préfèrent regarder. Chacun son rythme. Et d’autres dont l’un est sur la réserve, mal à l’aise. Et là, je trouve ça presque gênant. Parce qu’on ne sait pas comment se comporter, comment agir. On ne va pas se lancer dans une grande discussion philosophique au milieu d’un enchevêtrement de corps nus!

Le libertinage est vraiment pour moi une expérience de couple, donc si un des deux partenaires n’est pas partant pour telle ou telle pratique, rien ne sert de se / le forcer. Par exemple pour moi, l’échangisme est hors de question à l’heure actuelle. Nous en avons discuté et même si c’est un fantasme pour l’un, tant que l’autre ne le choisit pas, aucune raison d’aller plus loin. Tout peut changer. Nous pouvons évoluer. A nous de voir ce qui nous correspond à un instant T. Tant que le plaisir, la confiance, le partage restent nos valeurs clés!

L’essentiel

Les nuages voilent à peine le soleil. Notre discussion me revient. Je n’écrirai pas, pas sur ça. Ou un peu, à demi mots.

Je voudrais que tu saches qu’il n’y a aucun corps qui me fait l’effet du tien, aucun souffle qui me bouscule davantage, aucun plaisir qui m’enivre plus que celui qui s’échappe de tes mains pour se coller à ma peau.

Je voudrais te dire qu’aucun regard ne me fait plus d’effet que celui que tu poses sur le mien, sur mes gestes, sur mon corps, sur ma vie.

Je voudrais que tu te souviennes que les autres ne sont là que pour un plaisir éphémère, que ce qu’ils donnent n’est rien à côté de ce que tu fais trembler en moi, de ce que tu m’inspires au quotidien dans tes rapports avec moi et avec le monde.

Je voudrais te dire que ce que j’aime avant tout ce sont les imperfections, ce qui manque parfois et ressurgit à la faveur d’un émoi, la fragilité et la manière dont tu embrasses la mienne sans me brusquer, sans me ménager non plus.

Le soleil fait de brèves apparitions. Le ciel gris devient blanc. Je n’ai pas écrit sur ça. Juste sur l’essentiel. C’est ce qui compte.

Confession Libertine #2

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Crédit Pixabay

Se connaitre, se comprendre, s’assumer est le chemin de toute une vie. Nous avançons chaque jour vers plus d’acceptation, d’authenticité et en osant certains pas, nous nous rencontrons différemment. Cela ne se fait pas toujours dans la douceur et parfois il faut être prêt à lâcher certaines résistances, protections pour y arriver.

J’ai toujours été attiré par les hommes. Je ne me suis jamais posée de question sur mon identité ou mes préférences sexuelles. Si le corps des femmes m’a toujours fasciné, c’était plus dans une optique esthétique ou artistique. Avoir une relation amoureuse avec une femme ne m’a jamais traversé l’esprit, mes sentiments n’étaient qu’amicaux.

Toutefois faire l’amour avec une femme a toujours été un de mes fantasmes, pas un que j’aurai avoué. Je pensais que comme d’autres, il resterait à ce stade, sublimé. Tous nos fantasmes ne sont pas faits pour passer de l’imaginaire à la réalité. Ils existent en tant que tels, font partie de notre potentiel érotique. Au fil du temps, nous aurons peut-être envie de les matérialiser. Ou pas. Cela restera notre choix.

La première fois que j’ai eu envie du corps d’une femme je devais avoir 28 ans. C’était une de mes meilleures amies, une des rares personnes avec qui je pouvais parler librement sexualité et la seule qui était sûrement aussi tactile que moi.  Et puis, pendant des années, elle avait elle-même eu une relation avec une femme. Je ne lui en ai jamais parlé. Et puis l’idée s’est dissipée. Et je n’ai plus repensé à ce fantasme.

Jusqu’au jour où…

J’ai rencontré un homme pour qui la sexualité est loin, mais alors très loin d’être un sujet tabou. Partager ses fantasmes et ses envies est totalement naturel pour lui. Pour moi c’est un peu plus compliqué. Toutefois je dois dire que pouvoir en discuter permet justement de dédramatiser les choses et les pensées limitantes. Et en en parlant justement nous nous sommes rendus comptes que certains de nos fantasmes se complétaient !

Dès nos premiers pas dans le libertinage, le corps des femmes s’est presque imposé à moi. Pour le coup ce n’était plus seulement esthétique, artistique, mais physique, sexuel. La première fois c’était très sensuel, plus une découverte. Pour moi comme pour elle d’ailleurs. C’était parfait. C’était doux, tendre, c’était comme aller à la découverte de moi-même à travers un autre corps.

Au fil des découvertes et des rencontres, je saisis peu à peu ce qui m’attire le plus dans le fait de toucher, caresser, lécher le corps d’une femme. La sensation est assez troublante. Il y a bien sûr, comme avec l’homme, l’idée de donner et recevoir, mais c’est comme si il y avait une complicité supplémentaire. Pour ma part je préfère les femmes qui assument leurs désirs – même si il m’a fallu du temps pour accueillir les miens et les accepter comme une part de moi – qui aiment embrasser (je trouve que ça crée un lien autre mais je comprends parfaitement que ce ne soit pas du goût de tout le monde), qui sont sensibles aux caresses, à l’écoute de ce que l’autre attend.

J’apprécie les corps avec des formes, corps gourmands, pour qui le plaisir n’est pas seulement lié à l’orgasme, mais bien au partage. Ça pourra être lent, rapide, tendre ou brutal. Mais si le seul but c’est de se faire jouir, je me lasse vite. J’ai largement de quoi être satisfaite en temps normal.

Ça a beau être purement sexuel, ça n’en reste pas moins quelque chose qui se vit de l’intérieur. On se livre, on s’abandonne, ce n’est pas anodin. Je ne souhaite pas que ça le soit, ni que ça le devienne d’ailleurs. Je souhaite que ça garde cette volupté, cette sensualité, cette sensibilité qui moi me parlent.

Sans compter que cela se fait toujours ensemble. Ce n’est même pas négociable. Faire l’amour avec une femme, plusieurs femmes, m’attire parce qu’il est là aussi et qu’il participe à cet échange. Sans lui, je le répète souvent parce que c’est fondamental à mon avis, cela n’a aucun sens. Il y a mille et une façons de faire l’amour. C’est une des façons qui nous correspond aujourd’hui…