L’essentiel

Les nuages voilent à peine le soleil. Notre discussion me revient. Je n’écrirai pas, pas sur ça. Ou un peu, à demi mots.

Je voudrais que tu saches qu’il n’y a aucun corps qui me fait l’effet du tien, aucun souffle qui me bouscule davantage, aucun plaisir qui m’enivre plus que celui qui s’échappe de tes mains pour se coller à ma peau.

Je voudrais te dire qu’aucun regard ne me fait plus d’effet que celui que tu poses sur le mien, sur mes gestes, sur mon corps, sur ma vie.

Je voudrais que tu te souviennes que les autres ne sont là que pour un plaisir éphémère, que ce qu’ils donnent n’est rien à côté de ce que tu fais trembler en moi, de ce que tu m’inspires au quotidien dans tes rapports avec moi et avec le monde.

Je voudrais te dire que ce que j’aime avant tout ce sont les imperfections, ce qui manque parfois et ressurgit à la faveur d’un émoi, la fragilité et la manière dont tu embrasses la mienne sans me brusquer, sans me ménager non plus.

Le soleil fait de brèves apparitions. Le ciel gris devient blanc. Je n’ai pas écrit sur ça. Juste sur l’essentiel. C’est ce qui compte.

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Confession Libertine #2

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Crédit Pixabay

Se connaitre, se comprendre, s’assumer est le chemin de toute une vie. Nous avançons chaque jour vers plus d’acceptation, d’authenticité et en osant certains pas, nous nous rencontrons différemment. Cela ne se fait pas toujours dans la douceur et parfois il faut être prêt à lâcher certaines résistances, protections pour y arriver.

J’ai toujours été attiré par les hommes. Je ne me suis jamais posée de question sur mon identité ou mes préférences sexuelles. Si le corps des femmes m’a toujours fasciné, c’était plus dans une optique esthétique ou artistique. Avoir une relation amoureuse avec une femme ne m’a jamais traversé l’esprit, mes sentiments n’étaient qu’amicaux.

Toutefois faire l’amour avec une femme a toujours été un de mes fantasmes, pas un que j’aurai avoué. Je pensais que comme d’autres, il resterait à ce stade, sublimé. Tous nos fantasmes ne sont pas faits pour passer de l’imaginaire à la réalité. Ils existent en tant que tels, font partie de notre potentiel érotique. Au fil du temps, nous aurons peut-être envie de les matérialiser. Ou pas. Cela restera notre choix.

La première fois que j’ai eu envie du corps d’une femme je devais avoir 28 ans. C’était une de mes meilleures amies, une des rares personnes avec qui je pouvais parler librement sexualité et la seule qui était sûrement aussi tactile que moi.  Et puis, pendant des années, elle avait elle-même eu une relation avec une femme. Je ne lui en ai jamais parlé. Et puis l’idée s’est dissipée. Et je n’ai plus repensé à ce fantasme.

Jusqu’au jour où…

J’ai rencontré un homme pour qui la sexualité est loin, mais alors très loin d’être un sujet tabou. Partager ses fantasmes et ses envies est totalement naturel pour lui. Pour moi c’est un peu plus compliqué. Toutefois je dois dire que pouvoir en discuter permet justement de dédramatiser les choses et les pensées limitantes. Et en en parlant justement nous nous sommes rendus comptes que certains de nos fantasmes se complétaient !

Dès nos premiers pas dans le libertinage, le corps des femmes s’est presque imposé à moi. Pour le coup ce n’était plus seulement esthétique, artistique, mais physique, sexuel. La première fois c’était très sensuel, plus une découverte. Pour moi comme pour elle d’ailleurs. C’était parfait. C’était doux, tendre, c’était comme aller à la découverte de moi-même à travers un autre corps.

Au fil des découvertes et des rencontres, je saisis peu à peu ce qui m’attire le plus dans le fait de toucher, caresser, lécher le corps d’une femme. La sensation est assez troublante. Il y a bien sûr, comme avec l’homme, l’idée de donner et recevoir, mais c’est comme si il y avait une complicité supplémentaire. Pour ma part je préfère les femmes qui assument leurs désirs – même si il m’a fallu du temps pour accueillir les miens et les accepter comme une part de moi – qui aiment embrasser (je trouve que ça crée un lien autre mais je comprends parfaitement que ce ne soit pas du goût de tout le monde), qui sont sensibles aux caresses, à l’écoute de ce que l’autre attend.

J’apprécie les corps avec des formes, corps gourmands, pour qui le plaisir n’est pas seulement lié à l’orgasme, mais bien au partage. Ça pourra être lent, rapide, tendre ou brutal. Mais si le seul but c’est de se faire jouir, je me lasse vite. J’ai largement de quoi être satisfaite en temps normal.

Ça a beau être purement sexuel, ça n’en reste pas moins quelque chose qui se vit de l’intérieur. On se livre, on s’abandonne, ce n’est pas anodin. Je ne souhaite pas que ça le soit, ni que ça le devienne d’ailleurs. Je souhaite que ça garde cette volupté, cette sensualité, cette sensibilité qui moi me parlent.

Sans compter que cela se fait toujours ensemble. Ce n’est même pas négociable. Faire l’amour avec une femme, plusieurs femmes, m’attire parce qu’il est là aussi et qu’il participe à cet échange. Sans lui, je le répète souvent parce que c’est fondamental à mon avis, cela n’a aucun sens. Il y a mille et une façons de faire l’amour. C’est une des façons qui nous correspond aujourd’hui…

La liberté d’être femme

IMGP2724 (2)Depuis que j’écris des textes dits “érotiques”, depuis que je laisse ma plume dessiner des courbes et des envies, je fais face à des attitudes, des réflexions qui me dépassent et m’ont maintes fois donné envie d’arrêter.

J’ai tenu bon, parce que écrire reste ma manière d’être au monde. Et que je suis multiple aussi, que je veux découvrir, d’autres styles, que je veux écrire de mille et une façons, que j’aspire à faire passer par mes mots des émotions. Et je continuerai sur ma lancée, faisant fi des invitations ou commentaires déplacés.

Est-ce qu’une femme d’aujourd’hui n’a pas le droit de s’exprimer librement? Il faut croire que non. Elle est de suite cataloguée par une partie de la population, et dans “une partie”, je ne pense pas aux catégories “hommes”, “femmes”, non une partie qui verrait son émancipation, sa liberté comme une porte ouverte ou un outrage.

Certains parleront de littérature de bas étage quand d’autres revendiqueront une mise à mal du féminisme!

Qu’est-ce que le féminisme vient faire la-dedans? Le féminisme, n’est-ce pas la liberté d’être femme? N’est-ce pas le droit de faire – vivre selon ses envies? Ou alors nous ne parlons pas de la même chose.

Depuis quand l’érotisme, la sensualité, la sexualité sont des sujets qui doivent rentrer dans un cadre? A partir de quoi, de quoi, quelque chose est acceptable? A partir de quoi, de quand la personne qui se livre à une écriture plus intime / intimiste met elle à mal les droits des femmes? Une femme qui parlerait de pulsion, soumission, désir, libertinage serait donc un danger pour les autres femmes? Elle viendrait remettre en questions des années de lutte contre le patriarcat?

Si le féminisme c’est la défense des droits des femmes, je le suis à 100%. Je le suis car je considère qu’une femme, comme un homme, devrait être libre de faire ses choix, et donc libre d’écrire sur les sujets qui la touchent, libre d’exprimer son désir, libre d’avoir la vie sexuelle qu’elle a choisi, libre de parler de ce qui la touche, l’excite, l’émeut, la fait jouir?

Si le féminisme, c’est suivre une ligne de conduite, rentrer dans un chemin, bannir toute envie que certains jugeraient incompatible avec une quelconque image, alors je ne suis pas féministe.

Ne sont-elles pas belles pourtant les femmes libres, affranchies des codes et en paix avec ce qu’elles sont au plus profond d’elles-mêmes?

Confession libertine #1

J’ai toujours juré par l’exclusivité. Pas jalouse mais pas prêteuse. L’idée que l’homme avec lequel j’étais en couple puisse désirer ou donner du plaisir à une autre femme que moi était inenvisageable. Comme le fait qu’il puisse en recevoir d’une autre. J’aurai eu l’impression d’être trahie, trompée et pire encore, pas à la hauteur. J’aurai eu l’impression que je n’étais pas assez.

J’ai vécu mes relations amoureuses avec une confiance somme toute relative, toujours en équilibre, une confiance pleine de doutes. Il faut dire que si les mots étaient là, les actes semblaient à des années lumières des mots. Et si je savais que nul ne détenait aucune certitude, j’avais besoin de bases stables, de savoir qu’au premier coup de vent un peu fort, aux premiers désaccords, nous serions toujours là, unis, amoureux. Mais tout était instable, terriblement fragile et nous n’avons pas résisté, ni aux bourrasques ni à nos divergences.

Quand il est arrivé dans ma vie, j’ai pensé que je mettrai un temps infini à lui faire confiance. Le libertinage est certainement une des premières choses dont il m’a parlé. Et forcément les doutes ont refait surface. Et si je ne lui suffisais pas…

J’avais des idées préconçues sur pas mal de choses et des envies sexuelles que je n’assumais pas. J’ai eu le choix, de continuer sans lui ou de partir à la découverte de mondes inconnus. Il était l’inconnu, si différent de ceux que j’avais rencontré avant. Il était (il l’est toujours) sans tabou, sans préjugé, sans impossible, sans “jamais”. Tout en lui respirait quelque chose que je n’osais avouer, m’avouer.

Il n’a rien brusqué. Il a juste osé. Et j’ai avancé, non pas dans sa direction, juste avec lui dans une direction qui nous est propre. La confiance s’est imposée. Et notre amour a grandit jusqu’à ce premier pas dans un monde que je redoutais. On s’imagine tellement de choses quand on ne sait pas. Surtout le pire. Malgré toutes les conversations que nous avions eu sur le sujet, et même si je savais qu’il m’aimait telle que j’étais, il y avait les mots et il y avait la réalité. Je ne savais pas comment j’allais réagir en le voyant avec une autre femme, comment j’allais interagir avec les autres, comment j’allais me sentir. Si j’allais expérimenter ce que je connaissais si bien: honte et dégoût. De moi-même. Et si cette expérience n’allait pas fragiliser ce que je considérais comme une chance depuis que nos univers avaient fusionné et nous éloigner l’un de l’autre.

Aujourd’hui, tant de choses ont changé. En si peu de temps. Comme si ces pas dans tant d’inconnus avaient fait tomber les barrières que j’avais dressé pour me protéger. Des autres et de moi-même. Au lieu de nous éloigner, cela a renforcé notre complicité et solidifié nos sentiments.

Quand nos corps se mêlent à d’autres corps, quand je le vois caresser d’autres femmes, quand ses doigts, ses mains, sa bouche les mènent jusqu’à l’orgasme, quand je vois son plaisir, le leur, le mien, c’est comme un ballet dans lequel priment la découverte, le partage, donner, recevoir. Notre amour est la base – solide – de ces échanges corporels, de nos ressentis, de cette danse lascive qui fait vibrer chaque parcelle de nos peaux. Nous savons l’essentiel, le reste est du pur plaisir sexuel, une façon de profiter de toutes les saveurs  que la vie a à nous offrir.

Est-ce que j’ai des doutes, des peurs vis à vis de ces instants? Non. Je peux dire aujourd’hui, qu’à mon avis la jalousie n’existe que si la confiance manque à l’appel. Ce n’est pas le cas. J’ai intégré que c’était quelque chose qui m’attirait aussi. J’ose plus. J’écoute ce que me dit mon corps et ce que me laisse entendre celui des autres. Je ne vois pas ça comme une façon de pimenter notre vie sexuelle – elle est épanouissante en elle même – plutôt comme un état d’esprit, une envie de partager différemment. Je dirais que chaque rencontre est enrichissante à sa manière. Il n’y a qu’à savourer ce qui se présente…

Le langage érotique

Assise au fond du café, je les écoutais parler. Du dernier roman lu ou apprivoisé. Et puis des mots crus. Ils seraient des mots d’hommes. Uniquement. Des mots froids, des mots presque violents. Qui détruisent quelque chose à l’intérieur.

J’ai prêté l’oreille, je me suis déplacée légèrement pour entendre plus que quelques bribes ici et là. Je voulais en savoir davantage.

Elles se confiaient sur les mots, donc. Les mots qu’on attend des hommes pour décrire une scène érotique. Et ceux qu’on attend des femmes. Les mots des hommes dans la bouche des femmes relevaient du vulgaire. Les mots des femmes dans la bouche des hommes paraissaient mièvres.

Alors donc, nous en étions encore là. A l’heure de la parité, il existait un langage différent pour parler de sexualité, pour évoquer désir, plaisir, jouissance, pénétration, orgasme. L’homme pouvait être bestial mais la femme devait restée sobre. La femme se devait de suggérer quand l’homme devait tout montrer.

Pas choquée, juste un peu perplexe. Après tout je le sais, je participe moi-même au débat, j’abandonne moi-même certains mots que je trouve un peu trop scandaleux. Je fais attention, je suis sur la défensive (de crainte qu’on me juge hâtivement)  et j’admire ces femmes qui osent tout. Et encaissent tout aussi. Parce que l’audace n’est pas toujours bien accueillie, parce qu’elle est condamnée autant par le féminisme exacerbé que par le machisme de base, parce que dès qu’une femme se dévoile, nombreux sont ceux qui se croient tout permis et celles qui portent un regard accusateur.

A partir de quoi, de quand, l’écrivain doit se censurer? A partir de quoi, de quand, doit il arrêter de le faire?

La rencontre

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Crédit Pixabay

On pourra écrire chaque jour les mêmes choses, poser chaque jour les mêmes actes, faire chaque jour les mêmes actions, imaginer chaque jour ce que sera l’instant d’après.

Rien ne nous préparera jamais à cette rencontre qui chamboulera notre de vision de la vie, des êtres, qui enverra valser nos idées reçues, mêmes les plus ancrées, qui nous donnera de revoir nos envies, notre définition du plaisir, qui nous invitera à vivre autre chose, qui nous déshabillera de nos jugements, de notre vision du “bien” et du “mal”.

Il y aura un temps de latence, un temps dans lequel les peurs stagneront, nous empêchant d’avancer. Elles seront vives et intenses, puissantes et parfois même terrassantes. Ce sera le chaos des sens, des sons, des mots, le grand plongeon dans une nuit sans étoile. Le corps sera réfractaire à toute prise de possession. La confiance sera ébranlée. Le monde nous apparaitra comme une bombe à retardement prête à exploser.

Puis il y aura le temps du premier pas en avant, incertain, comme un pas sur une ligne droite invisible à l’œil nu. On fermera les yeux comme si cela pouvait nous protéger d’une chute éventuelle. On aura envie de reculer, de rebrousser chemin. On le fera peut-être ou on continuera à avancer vers cette petite étincelle, qu’on aperçoit au loin, on tentera d’y croire. On saisira une main et on se laissera guider. On donnera sa confiance. On laissera son corps vibrer sous l’impact d’un autre corps. Et le voile doucement se lèvera, l’autre côté du miroir se laissera approcher…

On découvrira un monde de plaisir et de liberté bien caché derrière notre montagne de clichés…

Ces mots là

Quand ils s’unissent ils le font sans mots.

Ou en mots crus, difficilement qualifiables. Ont-ils des définitions de ces mots-là ? Ou bien les définissent-ils eux-mêmes dans un vécu qui leur est propre.

Les mots viennent, surprenants parfois. Mais tout est quelque peu surprenant quand les corps s’offrent, franchement, sans fard, qu’ils se collent l’un à l’autre,  qu’ils se pressent, se chevauchent, s’attirent comme des aimants, qu’ils inventent une danse qui défie tous les codes de la bonne société, qu’ils lâchent prise et se laissent aller à une symphonie dont la partition se joue au rythme des va et vient des bassins.

Des mots crus pour des ébats intenses. Ces mots qui n’existent que dans l’intimité féroce des retrouvailles. Des mots qui ne sont qu’entre eux, indépendamment du reste du monde, qui n’existent que dans l’instant sublime des corps qui se désirent, s’éprennent. Et puis qui s’en vont, comme ils sont venus. La tendresse se pare d’autres mots.

Ils ne sont ni dits, ni écrits ailleurs. Leur brutalité pourrait effrayer. Ils les trouvent sans âme quand ils les entendent dans d’autres bouches, les imaginent au creux d’autres draps.

Ces mots sont un secret qui ne s’ébruite pas.

Derrière les mots

Les fantasmes ne sont que des vertiges
Les vestiges d’un imaginaire fécond
Chacun tient la liberté de les réaliser tous
Comme de n’en réaliser aucun

Ils n’ont pas de nom
Ni de patrie
Ceux que l’on écrit nous sont proches
Ou bien appartiennent à d’autres

Derrière les mots
Je suis une identité que chacun façonne à sa guise
Je suis une femme libre
Qui se souvient…

Un jour la femme s’assume
Puis un jour elle devient un fantôme
Un souffle rauque
Impuissant
Parce que l’homme a pris le pouvoir
Il a posé son regard sur sa liberté
Il l’a jugé comme une invitation
A entrer dans un espace qui n’est pas le sien
À faire de son corps un terrain de jeu
De ses jeux
Un objet
Un objectif
Un jour elle ne dira plus rien
Elle lui donnera ce qu’il attend
Elle sera son fantasme éveillé
Sa poupée malléable à merci
Elle nourrira ses rêves de toute puissance

On peut dire le plein
Mais comment dit on le néant?

Face au corps dénudé libéré
Comment dit on le corps caché entaché par le dégoût?

On peut dire les frissons jouissifs
Mais comment dit on la peur glaçante?

Face au silence
Que reste t’il du consentement?

La violence n’est pas cruelle. Elle est sourde, étouffée. Une violence plus noire que la nuit. Une violence qui piétine puis laisse le corps tomber, sombrer, en apnée.

Il a plaqué son corps contre le sien. Rien. Pas un bruit. Pas un geste. Comme si l’absence de mouvement pouvait la protéger.
Il a remonté sa chemise de nuit. Elle a retenu sa respiration. Il a ouvert ses cuisses sans cérémonie. A t’elle résisté? Peut-être.
Il s’est enfoncé en elle sans un bruit sans un geste.
Un rite. Passage obligé.
Une routine. Celle de la nuit. Celle du silence. Celle de l’absence.

Un jour la femme renaîtra de ses cendres
Elle ne donnera sa confiance
Qu’à ceux qui sauront respecter sa liberté
Ne remettront pas en question ses limites
Qui aimeront son corps, encenseront son audace, glorifieront son désir
Avec le respect qui est dû à chaque être humain
Tout en sachant que jamais rien ne nous appartient.

Pour en arriver là…

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Copyright Hédoné

Combien d’heures?
Combien de doutes?
Combien d’heures de doute?

Combien d’images et de mots serrés dans la gorge?
Combien d’appréhension?
Combien de peurs que tout ne s’éteigne?
Combien de peurs que tout ne se brise?

Combien de maux à exorciser?
Combien de mots qui choquent?
Combien de cauchemars?
Combien de honte et de dégoût?
Combien d’heures à détester le passé?

Combien de “et si…”?
Combien de murs qui paraissaient infranchissables?
Combien de verrous à faire sauter?
Combien de voiles posés?
Combien de larmes déposés?

Combien d’envies inavouées?
Combien de coups durs?
Combien d’envies de tout arrêter?
Combien de craintes de continuer?

Combien de tentatives avortées?
Combien de discussions tracassantes?
Combien de peurs que tout ne s’éteigne?
Combien de peurs que tout ne se brise?

Combien de patience?
Combien de sentiments?
Combien d’amour – surtout?