Nos accords

Ce sera l’été et comme la nuit
Un éventail infini de corps dénudés
Offerts au vent et à la pluie

L’été, le temps de vivre
Sous les feuillages verdoyants
Le temps d’être vivant

On se sera croisés
Un peu, irrémédiablement insouciants
Avec cette envie inépuisable
De vivre chaque jour plus intensément

Les grains de sable collés
Sur nos peaux déjà bronzées

Et le souffle d’un baiser
Qui nous tiendra éveillés
Jusqu’aux premières lueurs de l’aube

L’onde bleutée
Sur nos corps endormis
Se fera témoin de nos folies

Douces comme le satin
Inondant de clarté
L’enivrant supplice du matin

Il nous faudra nous éloigner
Quitter les draps chauds
Les frissons déposés

On retiendra les secondes
Comme d’autres supplient l’éternité
Pour que jamais ne se brise
L’accord qui nous fait trembler

Un soupir inaudible
Pour celui qui n’a jamais aimé.

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Au plus près de toi

Me draper dans l’océan de tes bras
Si…
Danser sur le tempo de tes sens
Si…

La fièvre me gagne

Mon corps baigné de lumière
Hémisphère familier
Étranger

Attiré par ton corps
Territoire connu
Imprévu

Sentir sous mes doigts
La pulsation de ton sang
Imaginer…

Me laisser choir dans la contrainte
M’abandonner dans le reflet de tes contrastes
Me vider de mes attentes
Me remplir d’inattendus

Imaginer…

Les secondes suspendues
Le chaos vertigineux
Tout ce qui se brise à flanc de colline
Le choc primitif

Me couler dans un bain de toi
Si…

Retour (à la source)

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On oubliera vite
Ce qui hier encore nous paraissait
Insensé
On se fondera dans un décor
La foule des grands jours
Destins frôlés
Baisers volés

On oubliera vite
Les premiers pas dans le vide
Immense

On oubliera
Jusqu’au souffle déposé
Tout deviendra presque habitude

Et alors la magie s’envolera
Sans un bruit
Elle glissera sur nos corps
Désormais endormis

On ne prendra plus le temps
De s’apprêter
De se découvrir
De se regarder jusqu’à tout deviner
Tout ira vite comme une urgence
Comme si demain allait nous voler
Ce que nous n’avons pas su vivre

Le désir sera une performance de fin de soirée
L’orgasme, l’unique aboutissement d’ébats
Vite emballés

On se sera perdus de vue
Au milieu de la foule des grands jours
Nus dans nos habits communs

Plus rien d’extraordinaire
Que du banal
Plus de tremblements
Que du déjà vu
Plus que du sexe pour le “fun”
C’est ce qu’ils disent
Plus de grandes déclarations
Qui font des nœuds au ventre
Et nous laissent, haletants,
Imprégnés d’un bonheur que nous savons fragile
Que nous chérissons comme un cadeau

On oubliera un jour
Les perles de pluie
Sur nos peaux transies
Les marques satinées
L’abandon
Le don

Il n’y aura plus que des cris
Pour dire le plaisir
Plus que des paroles
Quant il y avait des émotions
Plus que des hypothèses cruelles
Quand il y avait des étreintes
Qui valaient tous les mots de la terre

On oubliera le goût de nos peaux
La saveur des baisers
La fougue
La soumission
Le cuir qui fend l’air
L’audace
La complicité dans un regard
La séduction
Dentelles et bas de soie
La suggestion
Les mains qui caressent
Les bouches avides
Le temps suspendu
La passion
Les surprises
L’envie pressante
Qui ne se contient pas

Le temps se bloquera
Sur ce qu’on n’aura pas su retenir
A force de vouloir plus

Suspendus dans le vide
Nous aurons encore le choix
De revenir à ce qui compte
Plus que tout
Aux sens et à l’essentiel
A ce qui nous ressemble
A nous.

Vague(s) de désir

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Crédit Pixabay

L’attente me semble interminable
De me noyer dans les hypothèses
De ton corps

Retrouver le goût de ta peau
Si salée
Si sucrée
Par endroits
Laisser ma langue traverser
Les marées de ton désir

Avec toi
Dans tes bras
Rien ne me fait trembler
Je suis passionnée
Je deviens audacieuse

Je perds mes repères
J’appréhende un déséquilibre qui me fascine
Sans feuille de route
Tout s’écrit au gré des destins croisés

Nos rendez-vous se peuplent de scénarios
A inventer

Le feu intérieur

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Crédit Pixabay

Elle la sait là. L’envie. Comme un feu brûlant, celui qui nait dans son ventre. Cette force vive. Une empreinte. Son repère.

Elle la sent monter, gagner du terrain. Elle peut dériver avec elle. Et alors elle court le risque de noyer ses forces, de voir le manque la vider de toute substance. Ou choisir de suivre l’impulsion. Celle qui la portera haut et lui donnera les clés pour voler.

Elle est là, l’envie, perceptible, si dense. Elle est dans le balancement de son bassin. Dans l’énergie de ses hanches. Dans la vague des spasmes qui la traversent quand son corps se souvient.

Elle nait de là son intuition, son inspiration. C’est dans cet ouragan des sens qu’elle grandit, s’épanouit, s’ouvre à la vie.

Fragile

Comme les bateaux
Qui défient mers et vents violents
Marins saturés d’adrénaline
Face aux bourrasques affolantes

Haubans qui claquent
Contre les mâts chahutés

La tempête des sens m’emporte
Sans te voir je te sais

Dans le tumulte de la jouissance
Que je ne retiendrai pas

Le mélange émotions – sensations
Aura bientôt raison de moi

Je serai avide de caresses
Mes mains, ma bouche
Feront le reste
Sur les corps emmêlés
En attente de plaisir

Je laisserai libre court
A mes envies
Je les decalquerai
Sur le papier buvard
De nos nuits libertines

Comme les bateaux
De retour au port
Point d’ancrage de leurs forces
Ton étreinte me cueillera
Dans le besoin d’un corps à corps
Tendre
Dans lequel je m’abandonnerai
Sans filtre
Fragile

Les nuits de feu

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Crédit Pixabay

Les courbes, le noir
Et le rouge aussi. Le désir
Et les arcs, les dentelles qui se froissent
Les mains qui effleurent les murs
Comme s’ils avaient une histoire à raconter

L’obscurité des nuits de feu
Palais des glaces à ciel ouvert
Où nos fantasmes nous entrainent
Dans les creux des vagues d’une mer calme ou agitée
Se mirent les destins croisés de ceux qui osent
S’offrir à l’extase du plaisir partagé

Ce sera fou ou ce sera tendre
Entre nous
Ce sera toujours une découverte
Nous nous laisserons porter
Par l’élan de l’instant
L’euphorie des sens en mouvement
L’invasion de nos univers par le fruit
De notre appétit grandissant
Ou nous nous laisserons bercer
Par la symbiose de nos corps sans cesse attirés
L’un vers l’autre, l’un contre l’autre
Dans une danse dont nous composons la mélodie
Au gré de nos envies

Sur tous les murs du monde

Il faudrait écrire l’amour sur tous les murs du monde
A l’encre indélébile

Rouge
Le sang bouillonnant
Vert
Le souffle de vie
Bleu
La nuit mystique
Or
Le feu sacré
Blanc
Enivrant, captivant
Noir
Élégant…

Toutes les couleurs de tous les ciels du monde
Écrire l’amour pour qu’il ne s’envole pas
Au premier orage sourd
A la première danse assoiffée d’urgence

Écrire comme un hommage ou une prière
A tous les dieux du monde
Pour que jamais ne s’éteignent
Le feu – le souffle – le mystère
L’étreinte de l’instant d’amour

Que chaque minute de chaque jour soit dédié à aimer…

Le rideau se lève…

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Copyright Hédoné

Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous le ciel bleu ivre de la nuit