Les nuits de feu

Les courbes, le noir
Et le rouge aussi. Le désir
Et les arcs, les dentelles qui se froissent
Les mains qui effleurent les murs
Comme s’ils avaient une histoire à raconter

L’obscurité des nuits de feu
Palais des glaces à ciel ouvert
Où nos fantasmes nous entrainent
Dans les creux des vagues d’une mer calme ou agitée
Se mirent les destins croisés de ceux qui osent
S’offrir à l’extase du plaisir partagé

Ce sera fou ou ce sera tendre
Entre nous
Ce sera toujours une découverte
Nous nous laisserons porter
Par l’élan de l’instant
L’euphorie des sens en mouvement
L’invasion de nos univers par le fruit
De notre appétit grandissant
Ou nous nous laisserons bercer
Par la symbiose de nos corps sans cesse attirés
L’un vers l’autre, l’un contre l’autre
Dans une danse dont nous composons la mélodie
Au gré de nos envies

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Le rideau se lève…

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Copyright Hédoné

Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous le ciel bleu ivre de la nuit

Confession libertine #1

J’ai toujours juré par l’exclusivité. Pas jalouse mais pas prêteuse. L’idée que l’homme avec lequel j’étais en couple puisse désirer ou donner du plaisir à une autre femme que moi était inenvisageable. Comme le fait qu’il puisse en recevoir d’une autre. J’aurai eu l’impression d’être trahie, trompée et pire encore, pas à la hauteur. J’aurai eu l’impression que je n’étais pas assez.

J’ai vécu mes relations amoureuses avec une confiance somme toute relative, toujours en équilibre, une confiance pleine de doutes. Il faut dire que si les mots étaient là, les actes semblaient à des années lumières des mots. Et si je savais que nul ne détenait aucune certitude, j’avais besoin de bases stables, de savoir qu’au premier coup de vent un peu fort, aux premiers désaccords, nous serions toujours là, unis, amoureux. Mais tout était instable, terriblement fragile et nous n’avons pas résisté, ni aux bourrasques ni à nos divergences.

Quand il est arrivé dans ma vie, j’ai pensé que je mettrai un temps infini à lui faire confiance. Le libertinage est certainement une des premières choses dont il m’a parlé. Et forcément les doutes ont refait surface. Et si je ne lui suffisais pas…

J’avais des idées préconçues sur pas mal de choses et des envies sexuelles que je n’assumais pas. J’ai eu le choix, de continuer sans lui ou de partir à la découverte de mondes inconnus. Il était l’inconnu, si différent de ceux que j’avais rencontré avant. Il était (il l’est toujours) sans tabou, sans préjugé, sans impossible, sans “jamais”. Tout en lui respirait quelque chose que je n’osais avouer, m’avouer.

Il n’a rien brusqué. Il a juste osé. Et j’ai avancé, non pas dans sa direction, juste avec lui dans une direction qui nous est propre. La confiance s’est imposée. Et notre amour a grandit jusqu’à ce premier pas dans un monde que je redoutais. On s’imagine tellement de choses quand on ne sait pas. Surtout le pire. Malgré toutes les conversations que nous avions eu sur le sujet, et même si je savais qu’il m’aimait telle que j’étais, il y avait les mots et il y avait la réalité. Je ne savais pas comment j’allais réagir en le voyant avec une autre femme, comment j’allais interagir avec les autres, comment j’allais me sentir. Si j’allais expérimenter ce que je connaissais si bien: honte et dégoût. De moi-même. Et si cette expérience n’allait pas fragiliser ce que je considérais comme une chance depuis que nos univers avaient fusionné et nous éloigner l’un de l’autre.

Aujourd’hui, tant de choses ont changé. En si peu de temps. Comme si ces pas dans tant d’inconnus avaient fait tomber les barrières que j’avais dressé pour me protéger. Des autres et de moi-même. Au lieu de nous éloigner, cela a renforcé notre complicité et solidifié nos sentiments.

Quand nos corps se mêlent à d’autres corps, quand je le vois caresser d’autres femmes, quand ses doigts, ses mains, sa bouche les mènent jusqu’à l’orgasme, quand je vois son plaisir, le leur, le mien, c’est comme un ballet dans lequel priment la découverte, le partage, donner, recevoir. Notre amour est la base – solide – de ces échanges corporels, de nos ressentis, de cette danse lascive qui fait vibrer chaque parcelle de nos peaux. Nous savons l’essentiel, le reste est du pur plaisir sexuel, une façon de profiter de toutes les saveurs  que la vie a à nous offrir.

Est-ce que j’ai des doutes, des peurs vis à vis de ces instants? Non. Je peux dire aujourd’hui, qu’à mon avis la jalousie n’existe que si la confiance manque à l’appel. Ce n’est pas le cas. J’ai intégré que c’était quelque chose qui m’attirait aussi. J’ose plus. J’écoute ce que me dit mon corps et ce que me laisse entendre celui des autres. Je ne vois pas ça comme une façon de pimenter notre vie sexuelle – elle est épanouissante en elle même – plutôt comme un état d’esprit, une envie de partager différemment. Je dirais que chaque rencontre est enrichissante à sa manière. Il n’y a qu’à savourer ce qui se présente…

L’orgasme féminin – une œuvre d’art

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Elle était là, le visage entre sa bouche et la mienne, le corps abandonné sur le rivage d’une étreinte passionnée. Je regardais son corps voguant sur la vague de spasmes qui le portaient haut puis le déposait, entre mes caresses.

Je respirais le murmure de son souffle, aspirait ses lèvres, sa bouche, avant qu’elle ne se porte ailleurs et que sa bouche à lui vienne cueillir ses lèvres. Et toujours son corps qui sursautait, son sexe envahit par un orgasme qui enflait à mesure que nos corps se rapprochaient.

On parle de l’orgasme des femmes mais sait-on à quel point c’est beau, d’en être témoin, à quel point le corps qui cède sous l’impulsion des assauts s’offre sans fard, se livre dépourvu de toute hostilité, à quel point on s’approche sans trop y croire de la naissance d’une œuvre d’art.

La voir, là, presque animale, accrochée à la dernière secousse, a ouvert en moi une brèche, m’a transportée au delà du connu, de l’imaginé, dans un espace où je n’étais plus moi, où elle n’était plus elle, où le monde autour n’était plus qu’un océan de jouissance. Et dans lequel j’ai accueilli la sienne, en tremblant.

Ode à la passion!

Mettez de la passion dans ce que vous faites!

Ne vous satisfaites pas d’à peu près

De raccourcis maintes fois empruntés

De gestes appliqués à une théorie dépassée

Savourer ce qui se présente à vous

Avec tous vos sens en éveil

Regardez l’autre vivre, aimer, bouger

Regardez la vie battre contre ses tempes

Avant de vous engager dans une voie

Soyez des aventuriers, des chercheurs d’or

Ouverts au changement

Ne vous complaisez pas dans des habitudes mesquines

N’appliquez pas machinalement des gestes

Parce qu’hier, avec un / une autre, telle chose a fonctionné

La quête du plaisir est sans fin

Si vous laissez vos émotions vous prendre par la main

Soyez des êtres passionnés, vifs!

Soyez le désir incarné!

Faites vibrer chaque corde sensuelle

Chaque fibre érotique

Incarnez par tous les pores de votre corps

La Volupté!

 

 

Il y a des jours…

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Copyright Hédoné

Il y a des jours où j’ai envie de toi. Tout court.
Tous les jours. Juste toi. Ton corps. Ton essence.
Et puis il y a des jours où j’ai envie de toi et des autres.
Parfois. D’autres corps, d’autres plaisirs.
Avec toi.

Il y a des jours où j’ai envie que tu me désires. Longtemps.
Avant que je ne cède à ton regard qui me déshabille.
Entièrement. A l’audace de tes mains.
Il y a des jours où je n’ai envie d’aucun préliminaire.
Ce sera ici, maintenant. Comme un combat à peaux nues.

Il y a des jours où j’ai envie de porter des bas.
Des jours tout en sensualité. Où tout est suggéré.
Il y a des jours où nue, je n’aspire qu’à la liberté.
Celle qui nait en bas de mon ventre chaud.
Au plus profond de mon désir pour toi.
Fluvial, coloré, exacerbé.

Il y a des jours où j’ai envie de t’appartenir.
Je te laisserai tout choisir.
Le prochain corps que je découvrirais
Le prochaine membre tendu que je sucerais
Jusqu’à la pression de tes doigts, la morsure des lanières
Autour de mon cou, au creux de mes hanches.
La confiance a ses lois qui ne discutent pas.

Il y a des jours où j’ai envie de te partager mes envies.
De te murmurer ce que je ferais si…
Et puis de lentement amorcer la descente.
Laisser mes mains dessiner des vertiges.
Et ma bouche prendre le relais, brulante
De tenir ton érection entre mes lèvres humides

Il y a des jours.
Il y a des nuits.
Où je te voudrais. Entièrement.
Pas seulement en fantasmes que je crée pour alimenter la montée du plaisir.
Il y a des jours où j’ai envie de toi. Tout court.
Et tous les autres jours…

Imagine un fantasme…

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Copyright Hédoné

Imagine un corps, un corps à corps. Sans artifice. Cru. Sans cérémonie.

Imagine un fantasme dans lequel il ne serait pas question de moi. Pour une fois.

Imagine plusieurs langues qui courent sur ton torse nu, salives mêlées au gré d’accords composés.

Imagine des bouches gourmandes attirées par le moindre centimètre de ta peau, qui se délectent de tes saveurs, de tes odeurs, du sel de mon caprice.

Imagine tes atomes livrés à d’autres atomes exaltés, en quête de la fracture qui te fera basculer, ne plus rien tenter. Juste être et te laisser posséder par l’enivrant fluide qui émane de nos épidermes qui s’aimantent, nos poitrines qui se frôlent, nos moiteurs qui s’apprivoisent dans un ballet fin et délicat, avant que la tension ne monte d’un cran et que nous ne sachions plus de quelle peau nous avons envie.

Imagine mes murmures et ton abandon total à l’expertise d’un toucher, la passion d’un jeu mille fois imaginé.

Imagine une sculpture vivante faite de glaise à modeler, un spectacle à admirer, une chorégraphie orchestrée dans laquelle tu aurais le rôle principal, sans n’avoir rien d’autre à faire que jouir. Jouir jusqu’à ne plus savoir qui tu es. Jouir jusqu’à perdre tout contrôle. Jouir jusqu’à ne plus savoir quelles lèvres, quelles mains, quel souffle, quelle impatience t’amènent doucement à l’orgasme.

Et puis imagine la scandaleuse réjouissance de ton sperme que chacune se languirait de déposer sur sa peau saturée de luxure. Comme un ultime don de ce corps à corps débridé.

 

 

 

Du fantasme au toucher

Elle regarde  les photos, fait défiler les profils. Est-ce qu’on peut s’éprendre d’une image ? Ou bien faut-il le contact pour savoir si les corps se correspondent ?

Le désir débute dans le fantasme. L’imaginaire crée un lien de soi à l’autre. Ce sont les peaux qui prennent le relais, savent ensuite si oui ou non l’attirance est telle, que le désir puisse s’exprimer.

En regardant les photos, elle se fait une idée de l’autre, de son corps et de ses envies. Son imaginaire fécond la porte – un grain de peau, une douceur, une tension, des formes, des contours. Ses doigts dessinent ses gestes si, le corps de l’autre était là, devant elle. Elle peut créer d’une vision : la passion ou la réserve.

On peut dévorer un corps des yeux. Du bout de la langue. A pleine bouche. Du bout des doigts. De caresses furtives. De baisers langoureux. On peut tester avant de laisser le plaisir prendre ses aises, se laisser porter par l’instant qui enveloppe tout d’une atmosphère particulière, celle des sens qui s’épanouissent au contact de la liberté.

Elle regarde les corps en photo. Et imagine une suite.

Lui. Elle. Leurs envies respectives. Et d’autres…

La richesse de ton désir

J’aime la richesse de ton désir.

La manière dont il accueille le mien.

Cette rencontre brutale qui échauffe – réchauffe nos corps.

Je ne connaissais que la rencontre codifiée comme si faire l’amour répondait à une série d’actes prédéfinis, un ordre à respecter, comme s’il s’agissait d’un évènement sérieux dans lequel la joie n’avait qu’une place limitée, voire inexistante.

Je croyais avoir besoin d’une infinie tendresse pour pouvoir me laisser aller. Mais sans confiance comment l’imaginer?

J’aime ce que nous nous offrons mutuellement.

Les sensations que nos rencontres font naître.

La liberté de nos échanges, le partage de nos envies réciproques. La confiance qui nous laisse la latitude d’être nous-mêmes.

Tout ce qui fait le sel de ce rendez-vous. Libre, libéré et intense. Cette tension palpable. Cette envie de jouir pleinement de ce qui se présente. Dans cet abandon total au plaisir des sens, savoir que notre amour, loin d’être mis à mal, gagne en intensité et en complicité.

 

Soirée Libertine #2

De tes mains j’aime la force, la manière dont elles saisissent ma chair. Elles savent où, comment. Elles connaissent les lieux et pourtant semblent toujours en quête de découvertes. Elles sont tendres et imposent en même temps. Elles ouvrent des portes, bloquent ma respiration juste le temps que le plaisir monte d’un cran, que j’abdique tout pouvoir à ton corps. Elles s’appliquent à me faire jouir, par tous les moyens possibles. Elles me font me tordre, me cabrer. Elles m’inondent de sensations multiples et variées.

Des mains des autres hommes, j’apprécie les frôlements, les caresses douces, pas de geste brusque, pas de violation de mon intimité. Elles devront prouver qu’elles peuvent donner du plaisir sans m’imposer le leur. Je ne les attends pas, elles sont là ou pas. Quand elles sont là, elles me rapprochent de toi. Éphémères, sensuelles, elles déposent des frissons sur ma peau. Elles sont un plaisir supplémentaire, un jeu qui nous invite à être pleinement dans l’instant, un instant de délices et de volupté.