Jour de neige

La neige avait laissé des traces, quelques plaques ici et là. De la fenêtre on distinguait au loin l’herbe au manteau blanc immaculé. Le silence imposait sa présence. Elsa s’en délectait, elle dont les jours n’étaient que cris et coups. Elle ne voulait pas encore penser à la journée qui allait suivre, à son travail, ces enfants en mal de repères qui transformaient parfois son quotidien en enfer.

Elle ouvrit la fenêtre, souhaitant sentir la fraicheur du matin. Elle la cueillit d’un coup, s’infiltra sous son chandail, vint ébranler la chaleur de sa peau, encore riche de l’étreinte nocturne.

Elsa respira à pleins poumons puis sentit deux bras entourant sa poitrine, une barbe de quelques jours s’engouffrant dans le creux de son cou. Elle résisterait encore un peu, laissant le temps à ces bras, à cette bouche de s’imprégner de son parfum. Elle aimait ce moment où elle savait la suite, tout en se donnant le temps de ne rien précipiter. Ils faisaient l’amour le soir. Et le matin. Pas toujours dans cet ordre. Pas toujours d’ailleurs. Il lui arrivait souvent de le regarder, dans la clarté du début du jour ou dans l’ombre de la nuit qui s’installe. Elle aimait la liberté de son absence dans ces moments de contemplation où la vie lui paraissait d’un coup simple et légère.

Il n’y avait que lui qui pouvait lui faire oublier le reste, la dureté des jours d’errance. Sa façon d’être, d’agir, de saisir ses fantasmes, de tenir les rênes du jeu de leurs ébats, quel qu’ils soient. Tantôt  crus, tantôt tendres. Passionnés sans cesse. Mais d’une passion dont les degrés variaient en fonction de ce que le corps attendait. On aurait pu penser que depuis toutes ces années, leurs gestes n’étaient que répétition, comme une pièce de théâtre apprise par cœur, qui fait carton plein tous les soirs de la semaine. Au contraire, c’était chaque fois une découverte, une entrée dans un espace à apprivoiser, des saveurs différentes, des partitions à écrire à partir de rien. Le temps n’avait pas de prise sur le charnel. Et quand tout foutait le camp ailleurs, ils savaient que dans cet espace là, ils se retrouveraient, sans mots, puis que les mots viendraient, épurés, juste l’essentiel.

Elle posa ses bras sur les siens, fit basculer sa tête, pour qu’il s’écrase encore davantage dans le creux de ses épaules. Elle respira profondément et son souffle dessina une figure  sur la vitre du salon, qui ressemblait vaguement à des draps froissés…

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Scène de vi(d)e

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il regardait la scène. Presque chaque soir la même. Une scène de désamour. Et chaque soir il espérait que les choses bougent, que les corps se rejoignent, que les incidents se taisent et que résonnent par la fenêtre ouverte les voix, les râles, l’écho d’un plaisir sans faille.

Chaque soir, il se postait là, à bonne distance. Ses yeux passaient le vide et les carreaux, habitués à l’obscurité, ils trouvaient la lumière allumée et son corps à elle, prêt à se lover dans des draps qu’il imaginait froids, comme le sont ceux des maisons de vacances, fermées huit mois de l’année. Il distinguait tout juste le galbe de ses hanches, la forme de son visage, le reste n’était que pur fantasme. Un décolleté satiné, des yeux rieurs, un rictus coquin au coin des lèvres. Il la regardait se déshabiller, avec nonchalance comme si il fallait faire vite, comme si le temps était compté. Elle enfilait ensuite son uniforme de tristesse et se glissait dans le grand lit, toujours du même côté. Allongée, le regard rivé sur le plafond, il se demandait quels étaient ses rêves, si elle aussi elle pensait au moment où il passerait la porte, ce qu’il ferait ce soir, est-ce qu’il tenterait un pas vers elle, est-ce qu’il laisserait ses frustrations au placard et accrocherait ses souhaits à ses rives ? Ou bien il ferait ce qu’il fait chaque soir, même rituel désolant ?

Il voulait le secouer, lui dire de regarder ce qu’il perdait, une fois qu’il s’allongeait près d’elle puis se tournait, de son côté du lit, loin d’elle. Elle se tournait aussi, loin de lui et le lit paraissait immense et si petit en même temps. Entre eux un silence assourdissant prenait toute la place. Les souvenirs flottaient. Il les voyait de loin, des souvenirs d’étreintes passionnées, de frissons démesurés, de corps possédés, de folies répétées.

Il voulait lui dire à elle, tant de choses. Que ses yeux se posaient sur elle et qu’il y voyait son désir, contenu, toujours sur ses gardes, un désir qui n’attendait qu’un murmure pour se livrer, sans livrer bataille. Il voyait ce qu’elle pouvait donner, ce qu’elle attendait, il voyait sa peau trembler d’une attente qui n’en finissait pas. Il voulait lui dire que chaque soir derrière les rideaux de velours, il la prenait dans ses bras, elle, si belle, si menue, si sensuelle, qu’il la faisait danser sous les étoiles, que leurs pieds nus se frôlaient et que ça créait en lui un cataclysme.

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il ne voit plus rien. Ils sont partis. Il ne reste que les effluves d’un inachevé dans l’air. Les mouvements des draps ne sont que des mirages.

Imagine un fantasme…

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Copyright Hédoné

Imagine un corps, un corps à corps. Sans artifice. Cru. Sans cérémonie.

Imagine un fantasme dans lequel il ne serait pas question de moi. Pour une fois.

Imagine plusieurs langues qui courent sur ton torse nu, salives mêlées au gré d’accords composés.

Imagine des bouches gourmandes attirées par le moindre centimètre de ta peau, qui se délectent de tes saveurs, de tes odeurs, du sel de mon caprice.

Imagine tes atomes livrés à d’autres atomes exaltés, en quête de la fracture qui te fera basculer, ne plus rien tenter. Juste être et te laisser posséder par l’enivrant fluide qui émane de nos épidermes qui s’aimantent, nos poitrines qui se frôlent, nos moiteurs qui s’apprivoisent dans un ballet fin et délicat, avant que la tension ne monte d’un cran et que nous ne sachions plus de quelle peau nous avons envie.

Imagine mes murmures et ton abandon total à l’expertise d’un toucher, la passion d’un jeu mille fois imaginé.

Imagine une sculpture vivante faite de glaise à modeler, un spectacle à admirer, une chorégraphie orchestrée dans laquelle tu aurais le rôle principal, sans n’avoir rien d’autre à faire que jouir. Jouir jusqu’à ne plus savoir qui tu es. Jouir jusqu’à perdre tout contrôle. Jouir jusqu’à ne plus savoir quelles lèvres, quelles mains, quel souffle, quelle impatience t’amènent doucement à l’orgasme.

Et puis imagine la scandaleuse réjouissance de ton sperme que chacune se languirait de déposer sur sa peau saturée de luxure. Comme un ultime don de ce corps à corps débridé.

 

 

 

Bain de minuit

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Crédit Pixaby

La voiture s’arrêta près de la jetée. Tristan en sorti, pull sur les épaules, mains enfoncées dans les poches. Il savait qu’il la trouverait là.

Sur la plage déserte à cette heure, on pouvait voir sa silhouette se dessiner comme une ombre chinoise sur le mur de l’horizon. Le vent soufflait fort, et elle, imperturbable, se dirigeait vers la mer et ses vagues imposantes. Chaque pas la rapprochait de l’eau bleue nuit, envoutante.

Tristan regardait son corps nu prêt à s’offrir aux éléments. Il aurait voulu être le fluide dans lequel elle s’apprêtait à se jeter, accueillir sa peau contre la sienne, sentir ses seins percuter son torse, les emprisonner, les sentir se tendre sous la contrainte de ses mains.

Elle propulsa son corps vers l’avant. Et soudain elle devint invisible. Tristan attendait. Il savait qu’il ne fallait rien brusquer, la laisser aller à son rythme. Il ne sentait pas encore d’attaque à braver la tempête. Il la voyait émerger de l’eau, quelques secondes, puis replonger dans le tumulte. Quelques secondes pour se sentir attiré vers elle, pour ne souhaiter qu’une chose, embrasser le galbe de ses hanches, se perdre dans l’immensité de son regard, laisser ses paumes de mains caracoler sur sa chaire humide.

Il comptait les secondes, attentif, croyant l’apercevoir, puis la perdant de vue. Il retira ses chaussures, posa ses pieds sur le sable mouillé, avança dans sa direction. Elle ne resterait pas plus de quelques minutes supplémentaires dans l’eau et pourtant il savait que ces minutes auraient un goût de supplice. Il l’attendait, fébrile, les yeux perdus dans la nuit noire, présent à chaque mouvement de la mer.

Elle sortit de l’eau telle une nymphe, fantasmée, aimée. Elle vint se caler contre lui sans prononcer un mot. Il sentit son envie, fulgurante. Elle prit ses mains, les posa sur sa taille, l’attirant vers elle. Il s’en voulu de ne pas avoir anticipé ce geste, son pantalon le gênait désormais. Il était comme une barrière l’empêchant d’accéder à son caprice. Et celui-ci de faisait de plus en plus précis, pressant.

Il détacha ses mains d’elle, se délesta de ses vêtements, conscient que le charme pouvait être rompu d’un instant à l’autre. Il l’entraîna vers l’eau. Elle se laissa faire. Le froid le prit par surprise, lui faisant presque regretter son idée. La sentant sûre d’elle à ses côtés, il continua d’avancer jusqu’à l’immersion totale. Elle prit à nouveau ses mains, les amena sur ses flancs, qu’il enveloppa complètement. Elle s’enroula autour de lui comme un serpent. Tout son être disait sa soif de lui. Il promena ses mains sur sa peau frissonnante, la caressa centimètre par centimètre, l’invita d’une pression maîtrisée à rejeter la tête en arrière. Il la trouvait belle ainsi livrée à son pouvoir. Elle se laissait aller, réagissait à chaque frôlement, frottement, se laissait porter par les vagues qui la séparaient puis la précipitaient avec violence contre le buste de Tristan. Elle sentait son sexe dressé contre son ventre et cela  la réjouissait.

Elle avança une main entre ses cuisses, sonda l’ampleur de sa faim grandissante, écarta ses lèvres transies. Il accéda à sa demande sans tarder, glissa un doigt dans son antre affamé, titilla ses ardeurs. Ses gémissements et son corps agité étaient les meilleurs indicateurs. Il continua sa danse, introduisit deux doigts puis trois. Aux prises avec le vertige de la jouissance grandissante, elle s’abandonna entièrement, céda tous ses droits à ses doigts inquisiteurs. Entre la morsure de l’eau glacée et la brûlure de l’orgasme, elle se sentait prise dans un étau de sensations indescriptibles. Il le comprit et quitta l’intérieur de son corps. Haletante, elle se laissa aller entre ses bras. Il l’enveloppa d’une tendresse affectueuse qui contrastait avec la fièvre de leurs ébats.

Sur la plage déserte, la lune se couchait sur la mer.

Les Anges Solitaires

A l’aurore du monde, il y avait l’eau
Les Nymphes sorties des mythes

Le corps triomphant, la poitrine offerte au vent
Subtile caresse éphémère de la chaire

Au coucher du monde, il y avait le feu
Le Phoenix triomphant  narguant le chaos

Le corps libéré, le poitrail transpercé
Par les flèches du plaisir incarné

 
Les Anges Solitaires sur la terre, sur la mer
Veillent…

La femme qui danse

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps vibrant au rythme de la musique et des chants des hommes. Le mouvement de ses mains, décrivant des arabesques, embrassant l’air de leur souplesse.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps qui s’offre sous sa jupe aérienne. On devine juste le mouvement de ses pas sous le tissu lourd de promesses. Des pas sûrs et précis.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps né pour le plaisir. Plaisir de donner et de recevoir. Plaisir des sens déployés dans ce balais solitaire qui lie le tempo à la terre.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps nimbé d’or – un trésor. Rien n’est à elle et tout lui appartient, dans cet instant de communion sublime. Un corps à corps avec elle même.

Nul ne saurait troubler la danse de la femme qui s’éveille…

Le désir patient

Elle se trouvait nue sur le ponton, la peau offerte à la brise légère et familière du début de saison. Elle attendait, le regard tourné vers la rive, profitant du soleil couchant. Les couleurs de l’automne, envoûtantes, créaient une atmosphère particulière, enveloppante. Elle se sentait désirable, alors que des frissons lui parcouraient la peau. Elle l’espérait quelque part entre les branches des arbres, son regard.

Il arriverait et  regarderait de loin, son corps, une invitation à goûter à des plaisirs qu’il ne saurait garder pour lui. Il avancerait dans sa direction, silencieusement, en prenant garde aux feuilles qui pourraient trahir sa présence. Il s’appesantirait sur ses courbes, le galbe de ses cuisses, la naissance de ses reins. Il scruterait l’horizon et les vagues. Puis il ferait un pas de plus vers elle.

Elle sentit sa présence. Et bougea délicatement, pour qu’il voie plus que sa silhouette, qu’il distingue aussi les vallons et les pics, qu’il s’enivre de sa nudité, offerte au déclin du jour. Et à ses yeux. Elle savait qu’il regardait et elle aimait cela, qu’il s’imagine des choses, qu’il n’aspire qu’à la rejoindre, tout en souhaitant que cet instant se prolonge encore et encore – cet instant de désir intense qui patiente.

Il arriva à sa hauteur, posa ses mains sur ses épaules. Il la sentit se rapprocher de lui et de son étreinte chaude. Il resserra ses bras autour de son buste frissonnant. De froid ou de plaisir. Elle lui prit la main et la porta à sa bouche, y déposa un souffle, un baiser avant de l’entrainer à l’intérieur de l’habitacle et de lui faire face, les yeux riches d’une envie qu’elle ne pouvait plus contenir.

Cercle privé

Lisa terminait sa première année de philo à la faculté d’Aix. Des heures et des heures de définitions, de discussions sans fin sur des idées, une vraie masturbation intellectuelle parfois, de dissertations reprenant l’essentiel, détaillant le superflu, mettant en évidence des idées qui n’étaient pas toujours les siennes, qui avaient juste un mérite, celui d’exister. L’amphi plein en début d’année, foisonnant d’esprits en ébullition prêts à édifier un nouveau monde, paraissait désert ce vendredi matin. Les tonus du jeudi soir faisaient généralement carton plein. Les étudiants s’échauffaient sur la piste de danse et les esprits lâchaient prise, le temps d’un bref aparté qui permettait, non de s’ancrer, mais de faire corps avec une autre réalité, le temps d’une soirée.

Le cours du vendredi “philosophie et théorie de l’art” était de loin son préféré. Si bien, qu’elle se dévouait souvent, ou du moins ses amis le croyait, pour assurer la prise de notes matinale. Elle se privait d’alcool et rentrait plus tôt que la moyenne. Elle n’appréciait pas seulement la problématique de la perception esthétique, elle vénérait également son professeur, un passionné, charismatique, non dénué de charme, pas celui qui courait les magazines que ses copines mutualisaient, un charme sibyllin qui la séduisait. Assise au première rang, elle gobait ses paroles, le détaillait de pied en cap, tentant de percer le mystère attaché à chaque fragment de son anatomie. Au delà de son professionnalisme incontesté et incontestable, elle voyait l’homme, imaginait l’amant.

Dans l’amphithéâtre en ce matin de mai, Lisa se concentrait avec difficulté. Pour le dernier tonus, elle avait laissé au placard ses bonnes manières et bu plus que de coutume, assez du moins pour que la tête lui tourne et qu’elle se sente emportée par une euphorie inhabituelle. En cours, la tête comme prise dans un étau, elle avait du mal à se concentrer, comme le reste de ses camarades. Rester éveillée ne demandait pas seulement du courage ou de la motivation. Il fallait déjà que sa tête veuille bien se calmer et que le bruit de fond qui martelait ses tempes cesse sa mélodie tonitruante. Deux cachets de Doliprane pouvaient la sauver in-extremis. Faute de les avoir sur elle, elle opta pour son plan B, celui qui passait difficilement en public mais dont le succès valait tous les artifices du monde – un remède vieux comme le monde?

Elle prit soin dans un premier temps d’étaler son manteau sur ses cuisses nues, de remonter sa jupe, puis glissa furtivement sa main gauche entre ses cuisses. Elle effleura la zone discrète et non moins exaltante du pli, là où la culotte marque, senti une chaleur inhabituelle inonder son bas ventre, se concentra sur ses caresses à travers le tissu soyeux. Elle ne pensait plus aux maux, ni à sa tête, le plaisir l’emportait. La sonnerie mit fin à ses fantaisies, elle rangea ses affaires puis s’apprêta à partir, quand elle entendit son professeur l’appeler.

  • Mademoiselle Girard, pouvez-vous venir me voir un instant?
  • Bien sûr Monsieur. C’était la première fois qu’il lui adressait la parole de l’année. Elle ne pensait même pas qu’il connaissait son nom.
  • Intéressant le cours d’aujourd’hui, n’est-ce pas?
  • Oui Monsieur, comme toujours.
  • Vous avez eu l’air d’apprécier.
  • Moi aussi je vous rassure.  J’ai énormément apprécié. Travaillez bien. A la semaine prochaine Mademoiselle Girard.

Tout ça avec un sourire en coin désarmant. Lisa balbutia un au revoir, qui se voulait détaché et sortit sans un regard en arrière, se demandant si la tension qu’elle sentait à l’intérieur de son corps se voyait à l’extérieur. L’impression que tout le monde la regardait ne la quitta pas de la journée. Elle ne savait que penser de ces mots équivoques, tout en étant très excitée à l’idée de recommencer.

Inspection

Alignées comme autant de jeunes filles bien élevées, elles attendent le verdict. L’œil inquisiteur du directeur vérifie si tout est en ordre. La jupe juste au dessus du genou. Les chaussures cirées. Le chemisier impeccable, repassé, ajusté. Il tourne autour d’elles, s’agenouille, passe sa longue main gantée sur la ligne de leurs jambes fuselées. Il prend des notes sur son calepin usagé, le grand bréviaire des folies dont les jeunes filles devinent les détours sans en connaître la profondeur exacte.

Elles attendent. Elles savent rester de marbre pendant le temps de l’inspection. Elles ne s’agitent pas comme d’autres le feraient. Elles savent dompter leur excitation grandissante…

 

Liberté retrouvée

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Faire attention
Se limiter

Ne pas choquer
Ne pas brusquer

S’imposer un cadre
Ne pas déborder

Peser les mots
Filtrer les idées
Ne plus oser

Sans liberté, l’écriture est un exercice vain,
La plume contrainte perd de son authenticité.