Sans un mot

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Elle avance. Dans la lumière tamisée de la pièce. Les regards des uns et des autres se perdent au détour de sa silhouette cambrée. Ses talons accentuent sa démarche. Ses talons, sa richesse, tout ce qu’elle porte. Son corps entier, nu, frissonne.

Elle attend. Si elle pense, elle fait marche arrière. Alors elle ne pense pas. Elle l’attend là. Comme c’était prévu. Juste avec ses talons. Personne ne dit rien. Et personne ne fait rien.

Elle reste attentive aux bruits, aux murmures, aux pas. Elle reconnaîtra les siens. Elle saura. Pour le moment, elle entend battre son cœur. Elle s’habitue à l’ambiance. Elle devine des ombres. Juste ça.

Il arrive. Elle reste droite. Elle attend jusqu’à ce qu’elle sente ses doigts autour de son cou, Une pression familière. Il serre un peu plus que d’habitude. Elle sent sa chaleur près de son corps. Et le souffle d’un ruban de soie qui prend la place de ses mains.

Elle attend. Elle ne sait rien de la suite.

Sans un mot, il la guide sur le velours d’un lit. Elle s’allonge, sans un mot. Elle distingue des pas qui se rapprochent. Elle regarde droit devant. Comme c’était prévu. Elle saisit des corps près de son corps. Puis des vagues de mains extatiques, des lèvres aventureuses. Le plaisir se disperse, l’angoisse, l’excite. Elle attend plus.

Puis les corps disparaissent. Il revient sur le devant de la scène. Il prend possession des lieux. D’elle. Il investit son corps de ses doigts brûlants. Il écarte ses cuisses. Elle sent un liquide glacé couler sur son pubis épilé . Elle retient un cri. Pas un mot surtout. Il a dû sentir son hésitation. Il s’arrache des profondeurs de son intérieur. Ses doigts se détachent d’elle. Puis reviennent. Ils sont faits de lianes. Elles s’enroulent autour d’elle. Elles glissent, s’imprègnent du terrain de jeu.

Elle attend. Il la soulève, la retourne. Elle se laisse faire. Sans un mot. Elle ne croise jamais son regard. Ce qui était prévu. Il prend un homme dans l’assistance. Il vient le placer devant elle. Elle, à genoux. Il lui ouvre la bouche et elle sent son palais être possédé par un membre tendu, qu’elle accueille. Celui de l’homme. Lui, il continue avec le cuir. Il longe sa colonne vertébrale, prend son temps. Il s’arrête sur ses fesses. Il remarque les talons. Il frappe une première fois. Sec et précis. Elle sursaute. Il enchaine. Un peu plus vif. Elle prend la mesure. Il augmente la cadence. Elle a toujours la verge de l’homme dans la bouche. Et autour, des dizaines d’yeux braqués sur elle. Elle est désormais là sans être là.

Il regarde les élans de plaisir de son corps qu’elle ne semble plus pouvoir contenir. Sa bouche continue son va et vient sur toute la longueur de l’érection de l’homme. Il la libère.

Elle attend. Il prendra un deuxième. Et un troisième homme. Il la regardera sucer avec la même ardeur chacun d’entre eux. A genoux encore, les mains liées cette fois. Il leur demandera de se répandre sur sa poitrine.

Elle le veut lui. Mais elle sait qu’elle ne doit rien dire.

Elle attend. Qu’il lui donne le feu vert du départ. Elle ne croise pas son regard.

Elle emporte ses talons et son corps libre loin de la pièce tamisée. Comme c’était convenu. Sans un mot.

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Ces mots là

Quand ils s’unissent ils le font sans mots.

Ou en mots crus, difficilement qualifiables. Ont-ils des définitions de ces mots-là ? Ou bien les définissent-ils eux-mêmes dans un vécu qui leur est propre.

Les mots viennent, surprenants parfois. Mais tout est quelque peu surprenant quand les corps s’offrent, franchement, sans fard, qu’ils se collent l’un à l’autre,  qu’ils se pressent, se chevauchent, s’attirent comme des aimants, qu’ils inventent une danse qui défie tous les codes de la bonne société, qu’ils lâchent prise et se laissent aller à une symphonie dont la partition se joue au rythme des va et vient des bassins.

Des mots crus pour des ébats intenses. Ces mots qui n’existent que dans l’intimité féroce des retrouvailles. Des mots qui ne sont qu’entre eux, indépendamment du reste du monde, qui n’existent que dans l’instant sublime des corps qui se désirent, s’éprennent. Et puis qui s’en vont, comme ils sont venus. La tendresse se pare d’autres mots.

Ils ne sont ni dits, ni écrits ailleurs. Leur brutalité pourrait effrayer. Ils les trouvent sans âme quand ils les entendent dans d’autres bouches, les imaginent au creux d’autres draps.

Ces mots sont un secret qui ne s’ébruite pas.

Oral Sex

There is surely a way to say those things. I don’t seem to find the words when my mind is back to full power. When I am in a state of control. Controlling my thoughts and my actions. Putting a censorship on my spirit.

I can’t say, but I can write.

How much I like when I hold you tight. When you let go and I can take control of your pleasure. When the only thing I want more than anything else, is pleasing you. When my mouth doesn’t want anything more than opening up to welcome your excitement. When I want to lick every single part of your body. Sucking your pleasure is love at his highest good.

I am free to take you fully, inside me, to let my tongue draw circles around your erection. I can’t stop wanting it, wanting you. There is so much passion in this interaction. It’s my way of honoring you, of letting you know how much I want you, how good you make me feel.

People might enjoy it, might want more of it, there are free to watch. Perhaps I want them to see how much having sex can be delightful, how much we can give to each other when we let go, when nothing else matters than the pleasure we give and receive.

Le corps livré

On pourrait penser que les mots peuvent tout. Que leur pouvoir est infini, sans limites.

Face au ressenti, à l’impulsion du désir, ils traduisent juste ce qui se passe en surface.

Le corps reçoit les messages, il les retranscrit, il frissonne, il se tend, il tremble sous l’effet d’une caresse, comme un souffle perdu sur la sphère de la peau offerte. Il se prépare à recevoir l’impact, celui d’une paume – élan maitrisé, celui du cuir – froid, fin, solide, dense.

Comment dire ce que le corps vit, indépendamment du reste, offert sans tension, sans appréhension. Juste livré pour un plaisir qui libère l’esprit de toute contrainte. Il ne reste qu’à vivre, ressentir.

La contemplation du corps donne les indices…

Et se resserre l’étreinte enivrante autour de la jouissance exprimée.

Contrainte par choix

Quand il attache la boucle du collier autour de son cou, un shift s’opère. Elle qui d’ordinaire se refuse à des ordres, se rebelle contre l’ordre établi, elle se laisse aller vers lui, portée par l’envie irrépressible de lui appartenir, de le laisser agir à sa guise. Elle se sent différente et si elle-même en même temps. Elle se veut contrainte par son corps tout entier.

Elle tire du plaisir de cette prise de possession, un peu brutale. A laquelle elle adhère. Il testera ses limites tout en sachant ce qu’elle peut supporter. Sa confiance en cet instant là existe sans limite. Elle lui donne tout pouvoir sur elle. Dans cet abandon total, elle se libère de ses chaînes, se rapprochant à chaque fois un peu plus de l’exaltation parfaite des sens, le vide qui précède le chaos orgasmique.

 

A consommer sans modération!

Ton plaisir enfle, grandit. Il emplit l’espace, le mien. Et j’aime ce partage là, si intime. Je croise ton regard et je retiendrai alors les secondes. J’attends l’instant où il explosera et se déversera dans ma bouche, glissera à l’intérieur de ma gorge, s’écoulera en moi. Mon palais en saisira certaines subtilités. Ma langue en conservera d’infimes particules. Je savourerai jusqu’au bout le souvenir de cette gourmandise, ce don si sensuel. Qui abreuve ma soif de toi, ma soif de vie.

Paris Libertin #5

©AfricaStudio-Fotolia_76975551_SIl suffira d’une caresse pour attiser mon envie et de ton envie pour la faire éclore. Du coin de l’œil tu as saisi la sienne, avant que nos corps ne s’approchent, ne s’enlacent, que nos bouches ne se rejoignent. La surprise a laissé place à l’enthousiasme, un tâtonnement à une prise en main confiante. Mon corps est un océan de sensations qui se laisse caresser par des mains, des langues inconnues, qui prennent soin de moi. Et mes doigts effleurent des peaux, ma bouche engloutit des lèvres, ma langue se mêle à d’autres langues. Pourquoi en serait-il autrement pour toi ?

Si tu prends autant de plaisir à me voir en être inondé, la réciproque est vraie. Je veux voir tes mains donner du plaisir à d’autres peaux que la mienne, d’autres femmes te sucer et susciter l’excitation, la mienne, la tienne.

Tu es là quelque part dans cet entrelacs de bras, de jambes, d’intimité, de sens à faire exploser, de cris, de soupirs de plaisir. Je saisis ta présence alors que nous jouissons à différents endroits, à différents niveaux. Les corps se cherchent, se trouvent, corps d’hommes, de femmes. Les poitrines s’offrent aux bouches gourmandes. Les membres tendus s’approchent de ma bouche et je me laisse gagner par l’euphorie ambiante.

De l’extérieur, la scène doit être fascinante…

Né(s) pour le plaisir

J’aime sucer, lécher, être suspendue aux lèvres de tes envies, qui s’accordent aux miennes, sans toujours pouvoir se dire.

J’aime sentir ton corps prendre possession du mien, le faire plier, le soumettre à mes limites, celles dont tu sais que je peux m’affranchir.

J’aime sentir le plaisir monter en toi, te parcourir, inonder ton corps et avoir envie, encore.

J’aime la complicité qui nous unit quand l’environnement nous offre la liberté d’être sans artifice, quand nos envies s’accordent et se devinent, aux frissons sur nos peaux.

J’aime te sentir maître du jeu, m’abandonner totalement, m’en remettre à l’insolence de ton audace, la fermeté de tes mains, exhiber mon plaisir qui en murmures, soupirs, cris se décline.

Avec toi, je suis connectée à cette part de moi née pour le plaisir – cru, dense, intense, libéré.

Mélanges

Je veux ta bouche, là, au sommet du bas de mon corps. Sentir tes lèvres se promener sur mon ventre, à l’intérieur de mes cuisses. A partir de l’os la peau est sensible, elle n’attend que des caresses légères pour prendre son envol. Le toucher a le pouvoir d’envoyer des décharges de plaisir dans tout mes membres.

J’imagine ta bouche se poser sur mes lèvres, tes mains les écarter, tes doigts chercher délicatement l’entrée de mon intimité, ta langue s’abreuver à la source de mon envie grandissante, humide et frémissante.

Mon désir enfle entre mes cuisses. Tes lèvres l’aspirent et lui donnent un nouveau souffle. Tes doigts pétrissent la chair tendre, avant de glisser à l’intérieur, de se délecter des saveurs de mon antre qui t’accueille. Ta langue dessine les contours de mon clitoris, le sent se gonfler, se tendre.

Ta salive mélangée à ma cyprine dégagent une odeur excitante, qui rapprochent nos corps, pétris d’une envie de se posséder, de s’appartenir.

En solitaire

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Crédit Pixabay

Ses seins frémissent.

Ses mains agrippent ses flancs, se font caresses tendres ou ardentes.

L’intérieur de ses cuisses frisonne d’impatience, celle qu’elle dompte pour faire durer la montée du plaisir.

Elle part en quête d’une découverte approfondie de son intimité, ce qui la fait trembler, ce qui la laisse de marbre, ce qui a le pouvoir de métamorphoser ses attentes en vagues prêtes à la submerger.

Devant son corps dévoré par la jouissance, elle sentira ses forces la quitter. Tout autour ne sera qu’abandon à une force supérieure, celle de la vie qui irrigue l’essence du désir.