Juste toi

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Juste ça

Juste la chaleur de tes bras
Juste le temps en secondes
Qui se comptent du bout des doigts

Juste le timbre de ta voix
Juste les mots en lettres
Qui se forment au bout de tes lèvres

Juste l’étreinte qui forme
Et déforme l’instant savouré
Suspendu au souffle d’un baiser

 

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Deep Interaction

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I want to feel you
Between my tights
Deep interaction

Take control
Take it all
Give me all of you

Breath in the pulse
Of my desire

Find the rythme
That suits us both

Till I have to grasp for air
Till we can’t take it anymore

Finding solace
In the full embrace
Of our sweated bodies

Le langage érotique

Assise au fond du café, je les écoutais parler. Du dernier roman lu ou apprivoisé. Et puis des mots crus. Ils seraient des mots d’hommes. Uniquement. Des mots froids, des mots presque violents. Qui détruisent quelque chose à l’intérieur.

J’ai prêté l’oreille, je me suis déplacée légèrement pour entendre plus que quelques bribes ici et là. Je voulais en savoir davantage.

Elles se confiaient sur les mots, donc. Les mots qu’on attend des hommes pour décrire une scène érotique. Et ceux qu’on attend des femmes. Les mots des hommes dans la bouche des femmes relevaient du vulgaire. Les mots des femmes dans la bouche des hommes paraissaient mièvres.

Alors donc, nous en étions encore là. A l’heure de la parité, il existait un langage différent pour parler de sexualité, pour évoquer désir, plaisir, jouissance, pénétration, orgasme. L’homme pouvait être bestial mais la femme devait restée sobre. La femme se devait de suggérer quand l’homme devait tout montrer.

Pas choquée, juste un peu perplexe. Après tout je le sais, je participe moi-même au débat, j’abandonne moi-même certains mots que je trouve un peu trop scandaleux. Je fais attention, je suis sur la défensive (de crainte qu’on me juge hâtivement)  et j’admire ces femmes qui osent tout. Et encaissent tout aussi. Parce que l’audace n’est pas toujours bien accueillie, parce qu’elle est condamnée autant par le féminisme exacerbé que par le machisme de base, parce que dès qu’une femme se dévoile, nombreux sont ceux qui se croient tout permis et celles qui portent un regard accusateur.

A partir de quoi, de quand, l’écrivain doit se censurer? A partir de quoi, de quand, doit il arrêter de le faire?

Elle danse nue…

IMGP2793 (2)Elle avait pris cette habitude, celle de se promener nue chez elle. Qui ça pouvait déranger ?

On lui disait que ses voisins devaient se rincer l’œil. Et alors ?

On lui parlait de pudeur, de rideaux tirés, de volets clos.

Elle n’entendait pas. Ou bien elle savait trop. Le corps couvert. Les centimètres de peau dissimulés sous des couches de vêtements. Le regard des hommes qui s’attarde un peu et la peur.

Nue, elle se sentait libre. La sensation de l’air qui frôle l’épiderme offert. Le frisson qui saisit la chaire. Le contact qui fait trembler les fibres de l’univers.

Les voisins pouvaient bien fantasmer, s’endormir avec le souvenir de son image ancrée dans leurs songes.

On pouvait lui parler de pudeur. Elle préférait la vérité à la peur.

Et sous la lune qui inonde le ciel de sa clarté, elle danse nue, livrant son corps au pouvoir de la musique sacrée…

 

La rencontre

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Crédit Pixabay

On pourra écrire chaque jour les mêmes choses, poser chaque jour les mêmes actes, faire chaque jour les mêmes actions, imaginer chaque jour ce que sera l’instant d’après.

Rien ne nous préparera jamais à cette rencontre qui chamboulera notre de vision de la vie, des êtres, qui enverra valser nos idées reçues, mêmes les plus ancrées, qui nous donnera de revoir nos envies, notre définition du plaisir, qui nous invitera à vivre autre chose, qui nous déshabillera de nos jugements, de notre vision du “bien” et du “mal”.

Il y aura un temps de latence, un temps dans lequel les peurs stagneront, nous empêchant d’avancer. Elles seront vives et intenses, puissantes et parfois même terrassantes. Ce sera le chaos des sens, des sons, des mots, le grand plongeon dans une nuit sans étoile. Le corps sera réfractaire à toute prise de possession. La confiance sera ébranlée. Le monde nous apparaitra comme une bombe à retardement prête à exploser.

Puis il y aura le temps du premier pas en avant, incertain, comme un pas sur une ligne droite invisible à l’œil nu. On fermera les yeux comme si cela pouvait nous protéger d’une chute éventuelle. On aura envie de reculer, de rebrousser chemin. On le fera peut-être ou on continuera à avancer vers cette petite étincelle, qu’on aperçoit au loin, on tentera d’y croire. On saisira une main et on se laissera guider. On donnera sa confiance. On laissera son corps vibrer sous l’impact d’un autre corps. Et le voile doucement se lèvera, l’autre côté du miroir se laissera approcher…

On découvrira un monde de plaisir et de liberté bien caché derrière notre montagne de clichés…

Ces mots là

Quand ils s’unissent ils le font sans mots.

Ou en mots crus, difficilement qualifiables. Ont-ils des définitions de ces mots-là ? Ou bien les définissent-ils eux-mêmes dans un vécu qui leur est propre.

Les mots viennent, surprenants parfois. Mais tout est quelque peu surprenant quand les corps s’offrent, franchement, sans fard, qu’ils se collent l’un à l’autre,  qu’ils se pressent, se chevauchent, s’attirent comme des aimants, qu’ils inventent une danse qui défie tous les codes de la bonne société, qu’ils lâchent prise et se laissent aller à une symphonie dont la partition se joue au rythme des va et vient des bassins.

Des mots crus pour des ébats intenses. Ces mots qui n’existent que dans l’intimité féroce des retrouvailles. Des mots qui ne sont qu’entre eux, indépendamment du reste du monde, qui n’existent que dans l’instant sublime des corps qui se désirent, s’éprennent. Et puis qui s’en vont, comme ils sont venus. La tendresse se pare d’autres mots.

Ils ne sont ni dits, ni écrits ailleurs. Leur brutalité pourrait effrayer. Ils les trouvent sans âme quand ils les entendent dans d’autres bouches, les imaginent au creux d’autres draps.

Ces mots sont un secret qui ne s’ébruite pas.

Oral Sex

There is surely a way to say those things. I don’t seem to find the words when my mind is back to full power. When I am in a state of control. Controlling my thoughts and my actions. Putting a censorship on my spirit.

I can’t say, but I can write.

How much I like when I hold you tight. When you let go and I can take control of your pleasure. When the only thing I want more than anything else, is pleasing you. When my mouth doesn’t want anything more than opening up to welcome your excitement. When I want to lick every single part of your body. Sucking your pleasure is love at his highest good.

I am free to take you fully, inside me, to let my tongue draw circles around your erection. I can’t stop wanting it, wanting you. There is so much passion in this interaction. It’s my way of honoring you, of letting you know how much I want you, how good you make me feel.

People might enjoy it, might want more of it, there are free to watch. Perhaps I want them to see how much having sex can be delightful, how much we can give to each other when we let go, when nothing else matters than the pleasure we give and receive.

Jour de neige

La neige avait laissé des traces, quelques plaques ici et là. De la fenêtre on distinguait au loin l’herbe au manteau blanc immaculé. Le silence imposait sa présence. Elsa s’en délectait, elle dont les jours n’étaient que cris et coups. Elle ne voulait pas encore penser à la journée qui allait suivre, à son travail, ces enfants en mal de repères qui transformaient parfois son quotidien en enfer.

Elle ouvrit la fenêtre, souhaitant sentir la fraicheur du matin. Elle la cueillit d’un coup, s’infiltra sous son chandail, vint ébranler la chaleur de sa peau, encore riche de l’étreinte nocturne.

Elsa respira à pleins poumons puis sentit deux bras entourant sa poitrine, une barbe de quelques jours s’engouffrant dans le creux de son cou. Elle résisterait encore un peu, laissant le temps à ces bras, à cette bouche de s’imprégner de son parfum. Elle aimait ce moment où elle savait la suite, tout en se donnant le temps de ne rien précipiter. Ils faisaient l’amour le soir. Et le matin. Pas toujours dans cet ordre. Pas toujours d’ailleurs. Il lui arrivait souvent de le regarder, dans la clarté du début du jour ou dans l’ombre de la nuit qui s’installe. Elle aimait la liberté de son absence dans ces moments de contemplation où la vie lui paraissait d’un coup simple et légère.

Il n’y avait que lui qui pouvait lui faire oublier le reste, la dureté des jours d’errance. Sa façon d’être, d’agir, de saisir ses fantasmes, de tenir les rênes du jeu de leurs ébats, quel qu’ils soient. Tantôt  crus, tantôt tendres. Passionnés sans cesse. Mais d’une passion dont les degrés variaient en fonction de ce que le corps attendait. On aurait pu penser que depuis toutes ces années, leurs gestes n’étaient que répétition, comme une pièce de théâtre apprise par cœur, qui fait carton plein tous les soirs de la semaine. Au contraire, c’était chaque fois une découverte, une entrée dans un espace à apprivoiser, des saveurs différentes, des partitions à écrire à partir de rien. Le temps n’avait pas de prise sur le charnel. Et quand tout foutait le camp ailleurs, ils savaient que dans cet espace là, ils se retrouveraient, sans mots, puis que les mots viendraient, épurés, juste l’essentiel.

Elle posa ses bras sur les siens, fit basculer sa tête, pour qu’il s’écrase encore davantage dans le creux de ses épaules. Elle respira profondément et son souffle dessina une figure  sur la vitre du salon, qui ressemblait vaguement à des draps froissés…