La richesse de ton désir

J’aime la richesse de ton désir.

La manière dont il accueille le mien.

Cette rencontre brutale qui échauffe – réchauffe nos corps.

Je ne connaissais que la rencontre codifiée comme si faire l’amour répondait à une série d’actes prédéfinis, un ordre à respecter, comme s’il s’agissait d’un évènement sérieux dans lequel la joie n’avait qu’une place limitée, voire inexistante.

Je croyais avoir besoin d’une infinie tendresse pour pouvoir me laisser aller. Mais sans confiance comment l’imaginer?

J’aime ce que nous nous offrons mutuellement.

Les sensations que nos rencontres font naître.

La liberté de nos échanges, le partage de nos envies réciproques. La confiance qui nous laisse la latitude d’être nous-mêmes.

Tout ce qui fait le sel de ce rendez-vous. Libre, libéré et intense. Cette tension palpable. Cette envie de jouir pleinement de ce qui se présente. Dans cet abandon total au plaisir des sens, savoir que notre amour, loin d’être mis à mal, gagne en intensité et en complicité.

 

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La femme qui danse

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps vibrant au rythme de la musique et des chants des hommes. Le mouvement de ses mains, décrivant des arabesques, embrassant l’air de leur souplesse.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps qui s’offre sous sa jupe aérienne. On devine juste le mouvement de ses pas sous le tissu lourd de promesses. Des pas sûrs et précis.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps né pour le plaisir. Plaisir de donner et de recevoir. Plaisir des sens déployés dans ce balais solitaire qui lie le tempo à la terre.

Je me suis souvenue de la femme qui danse.

Son corps nimbé d’or – un trésor. Rien n’est à elle et tout lui appartient, dans cet instant de communion sublime. Un corps à corps avec elle même.

Nul ne saurait troubler la danse de la femme qui s’éveille…

Le corps livré

On pourrait penser que les mots peuvent tout. Que leur pouvoir est infini, sans limites.

Face au ressenti, à l’impulsion du désir, ils traduisent juste ce qui se passe en surface.

Le corps reçoit les messages, il les retranscrit, il frissonne, il se tend, il tremble sous l’effet d’une caresse, comme un souffle perdu sur la sphère de la peau offerte. Il se prépare à recevoir l’impact, celui d’une paume – élan maitrisé, celui du cuir – froid, fin, solide, dense.

Comment dire ce que le corps vit, indépendamment du reste, offert sans tension, sans appréhension. Juste livré pour un plaisir qui libère l’esprit de toute contrainte. Il ne reste qu’à vivre, ressentir.

La contemplation du corps donne les indices…

Et se resserre l’étreinte enivrante autour de la jouissance exprimée.

Six mois plus tard…

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Il y a 6 mois – texte écrit le 12 juin 2018 – tant de peurs, tant de choses ont changé. Tout ce que je n’assumais pas et que j’assume enfin!

Il y a encore beaucoup de choses que je ne sais pas. Que je n’assume pas.

Je n’assume pas ni mes envies, ni mes fantasmes.

Je n’assume pas d’avoir envie de toi tout le temps.

Je n’assume pas l’envie d’être pénétrée instantanément,  que ça se fasse rapidement parfois, juste le temps de te sentir en moi.

Je n’assume pas le plaisir qui nait de la souffrance. Je n’assume pas aimer la fessée. Je n’assume pas de te dire que j’en ai envie, avec tes mains, comme avec une cravache ou autre chose.

Je n’assume pas avoir envie d’être attachée et livrée à tes mains expertes.

Je n’assume pas l’envie de faire l’amour dans un endroit public, d’être vue, regardée.

Je n’assume pas mon attirance pour ton corps, pour ton sexe dur, que j’ai envie de toucher, d’engloutir, de sucer, sans préliminaires.

Je n’assume pas mon appétit sexuel.

Je n’assume pas l’envie de faire l’amour avec une autre femme, de te voir me regarder faire l’amour avec une femme, de faire l’amour avec toi et une autre femme.

Je n’assume ni ma sensualité, ni ma part d’ombre, ni les scénarios torrides que je développe quand je me caresse.

Je n’assume pas la sexualité telle que je la perçois, telle qu’elle me correspond.

Je n’assume pas du tout l’envie d’aller dans un club libertin avec toi. Et encore moins de te l’avouer.

Je ne sais pas faire la part des choses. Entre celle que je suis le jour et celle que je voudrais être quand les masques tombent.

Ce visage de moi je l’entre-aperçois parfois mais je ne l’assume pas.

Séduction

On pourrait juste rester là, ne rien faire, juste être ce qu’on est.

Mais alors si il n’y a plus de séduction, plus de jeux de jambes, de contrastes, de dentelles qui cherchent le contact d’une main, de fantasmes qui s’exhibent. Si il n’y a plus ce souhait de plaire, d’être époustouflant de sensualité. Si on se contente du quotidien. Si il n’y a plus de regards qui s’égarent, si il n’y a plus ses yeux posés sur elle, des yeux qui disent son désir fulgurant de l’aimer. Si il n’y a plus ses yeux posés sur lui, des yeux qui trahissent son émoi. Si on s’en tient au superficiel, au classique. Si on ne crée pas de scénarios qui attisent la flamme. Si on reste dans le cadre banalisé des émotions de courte durée. Si on oublie de se dire l’envie folle, décadente, à chaque seconde, chaque frôlement. Si on laisse de côté l’érotisme passionné. Si on dit tout, sans suggérer. Si on ne se livre pas, entièrement, vulnérables, brûlants, insatiables. Si on chasse le chaos des sens à coup d’ordinaire.

Alors on passe à côté de l’essentiel.

Contrainte par choix

Quand il attache la boucle du collier autour de son cou, un shift s’opère. Elle qui d’ordinaire se refuse à des ordres, se rebelle contre l’ordre établi, elle se laisse aller vers lui, portée par l’envie irrépressible de lui appartenir, de le laisser agir à sa guise. Elle se sent différente et si elle-même en même temps. Elle se veut contrainte par son corps tout entier.

Elle tire du plaisir de cette prise de possession, un peu brutale. A laquelle elle adhère. Il testera ses limites tout en sachant ce qu’elle peut supporter. Sa confiance en cet instant là existe sans limite. Elle lui donne tout pouvoir sur elle. Dans cet abandon total, elle se libère de ses chaînes, se rapprochant à chaque fois un peu plus de l’exaltation parfaite des sens, le vide qui précède le chaos orgasmique.

 

Le désir patient

Elle se trouvait nue sur le ponton, la peau offerte à la brise légère et familière du début de saison. Elle attendait, le regard tourné vers la rive, profitant du soleil couchant. Les couleurs de l’automne, envoûtantes, créaient une atmosphère particulière, enveloppante. Elle se sentait désirable, alors que des frissons lui parcouraient la peau. Elle l’espérait quelque part entre les branches des arbres, son regard.

Il arriverait et  regarderait de loin, son corps, une invitation à goûter à des plaisirs qu’il ne saurait garder pour lui. Il avancerait dans sa direction, silencieusement, en prenant garde aux feuilles qui pourraient trahir sa présence. Il s’appesantirait sur ses courbes, le galbe de ses cuisses, la naissance de ses reins. Il scruterait l’horizon et les vagues. Puis il ferait un pas de plus vers elle.

Elle sentit sa présence. Et bougea délicatement, pour qu’il voie plus que sa silhouette, qu’il distingue aussi les vallons et les pics, qu’il s’enivre de sa nudité, offerte au déclin du jour. Et à ses yeux. Elle savait qu’il regardait et elle aimait cela, qu’il s’imagine des choses, qu’il n’aspire qu’à la rejoindre, tout en souhaitant que cet instant se prolonge encore et encore – cet instant de désir intense qui patiente.

Il arriva à sa hauteur, posa ses mains sur ses épaules. Il la sentit se rapprocher de lui et de son étreinte chaude. Il resserra ses bras autour de son buste frissonnant. De froid ou de plaisir. Elle lui prit la main et la porta à sa bouche, y déposa un souffle, un baiser avant de l’entrainer à l’intérieur de l’habitacle et de lui faire face, les yeux riches d’une envie qu’elle ne pouvait plus contenir.