Les nuits de feu

Les courbes, le noir
Et le rouge aussi. Le désir
Et les arcs, les dentelles qui se froissent
Les mains qui effleurent les murs
Comme s’ils avaient une histoire à raconter

L’obscurité des nuits de feu
Palais des glaces à ciel ouvert
Où nos fantasmes nous entrainent
Dans les creux des vagues d’une mer calme ou agitée
Se mirent les destins croisés de ceux qui osent
S’offrir à l’extase du plaisir partagé

Ce sera fou ou ce sera tendre
Entre nous
Ce sera toujours une découverte
Nous nous laisserons porter
Par l’élan de l’instant
L’euphorie des sens en mouvement
L’invasion de nos univers par le fruit
De notre appétit grandissant
Ou nous nous laisserons bercer
Par la symbiose de nos corps sans cesse attirés
L’un vers l’autre, l’un contre l’autre
Dans une danse dont nous composons la mélodie
Au gré de nos envies

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La liberté d’être femme

IMGP2724 (2)Depuis que j’écris des textes dits “érotiques”, depuis que je laisse ma plume dessiner des courbes et des envies, je fais face à des attitudes, des réflexions qui me dépassent et m’ont maintes fois donné envie d’arrêter.

J’ai tenu bon, parce que écrire reste ma manière d’être au monde. Et que je suis multiple aussi, que je veux découvrir, d’autres styles, que je veux écrire de mille et une façons, que j’aspire à faire passer par mes mots des émotions. Et je continuerai sur ma lancée, faisant fi des invitations ou commentaires déplacés.

Est-ce qu’une femme d’aujourd’hui n’a pas le droit de s’exprimer librement? Il faut croire que non. Elle est de suite cataloguée par une partie de la population, et dans “une partie”, je ne pense pas aux catégories “hommes”, “femmes”, non une partie qui verrait son émancipation, sa liberté comme une porte ouverte ou un outrage.

Certains parleront de littérature de bas étage quand d’autres revendiqueront une mise à mal du féminisme!

Qu’est-ce que le féminisme vient faire la-dedans? Le féminisme, n’est-ce pas la liberté d’être femme? N’est-ce pas le droit de faire – vivre selon ses envies? Ou alors nous ne parlons pas de la même chose.

Depuis quand l’érotisme, la sensualité, la sexualité sont des sujets qui doivent rentrer dans un cadre? A partir de quoi, de quoi, quelque chose est acceptable? A partir de quoi, de quand la personne qui se livre à une écriture plus intime / intimiste met elle à mal les droits des femmes? Une femme qui parlerait de pulsion, soumission, désir, libertinage serait donc un danger pour les autres femmes? Elle viendrait remettre en questions des années de lutte contre le patriarcat?

Si le féminisme c’est la défense des droits des femmes, je le suis à 100%. Je le suis car je considère qu’une femme, comme un homme, devrait être libre de faire ses choix, et donc libre d’écrire sur les sujets qui la touchent, libre d’exprimer son désir, libre d’avoir la vie sexuelle qu’elle a choisi, libre de parler de ce qui la touche, l’excite, l’émeut, la fait jouir?

Si le féminisme, c’est suivre une ligne de conduite, rentrer dans un chemin, bannir toute envie que certains jugeraient incompatible avec une quelconque image, alors je ne suis pas féministe.

Ne sont-elles pas belles pourtant les femmes libres, affranchies des codes et en paix avec ce qu’elles sont au plus profond d’elles-mêmes?

Sur tous les murs du monde

Il faudrait écrire l’amour sur tous les murs du monde
A l’encre indélébile

Rouge
Le sang bouillonnant
Vert
Le souffle de vie
Bleu
La nuit mystique
Or
Le feu sacré
Blanc
Enivrant, captivant
Noir
Élégant…

Toutes les couleurs de tous les ciels du monde
Écrire l’amour pour qu’il ne s’envole pas
Au premier orage sourd
A la première danse assoiffée d’urgence

Écrire comme un hommage ou une prière
A tous les dieux du monde
Pour que jamais ne s’éteignent
Le feu – le souffle – le mystère
L’étreinte de l’instant d’amour

Que chaque minute de chaque jour soit dédié à aimer…

Le rideau se lève…

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Copyright Hédoné

Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous le ciel bleu ivre de la nuit

Confession libertine #1

J’ai toujours juré par l’exclusivité. Pas jalouse mais pas prêteuse. L’idée que l’homme avec lequel j’étais en couple puisse désirer ou donner du plaisir à une autre femme que moi était inenvisageable. Comme le fait qu’il puisse en recevoir d’une autre. J’aurai eu l’impression d’être trahie, trompée et pire encore, pas à la hauteur. J’aurai eu l’impression que je n’étais pas assez.

J’ai vécu mes relations amoureuses avec une confiance somme toute relative, toujours en équilibre, une confiance pleine de doutes. Il faut dire que si les mots étaient là, les actes semblaient à des années lumières des mots. Et si je savais que nul ne détenait aucune certitude, j’avais besoin de bases stables, de savoir qu’au premier coup de vent un peu fort, aux premiers désaccords, nous serions toujours là, unis, amoureux. Mais tout était instable, terriblement fragile et nous n’avons pas résisté, ni aux bourrasques ni à nos divergences.

Quand il est arrivé dans ma vie, j’ai pensé que je mettrai un temps infini à lui faire confiance. Le libertinage est certainement une des premières choses dont il m’a parlé. Et forcément les doutes ont refait surface. Et si je ne lui suffisais pas…

J’avais des idées préconçues sur pas mal de choses et des envies sexuelles que je n’assumais pas. J’ai eu le choix, de continuer sans lui ou de partir à la découverte de mondes inconnus. Il était l’inconnu, si différent de ceux que j’avais rencontré avant. Il était (il l’est toujours) sans tabou, sans préjugé, sans impossible, sans “jamais”. Tout en lui respirait quelque chose que je n’osais avouer, m’avouer.

Il n’a rien brusqué. Il a juste osé. Et j’ai avancé, non pas dans sa direction, juste avec lui dans une direction qui nous est propre. La confiance s’est imposée. Et notre amour a grandit jusqu’à ce premier pas dans un monde que je redoutais. On s’imagine tellement de choses quand on ne sait pas. Surtout le pire. Malgré toutes les conversations que nous avions eu sur le sujet, et même si je savais qu’il m’aimait telle que j’étais, il y avait les mots et il y avait la réalité. Je ne savais pas comment j’allais réagir en le voyant avec une autre femme, comment j’allais interagir avec les autres, comment j’allais me sentir. Si j’allais expérimenter ce que je connaissais si bien: honte et dégoût. De moi-même. Et si cette expérience n’allait pas fragiliser ce que je considérais comme une chance depuis que nos univers avaient fusionné et nous éloigner l’un de l’autre.

Aujourd’hui, tant de choses ont changé. En si peu de temps. Comme si ces pas dans tant d’inconnus avaient fait tomber les barrières que j’avais dressé pour me protéger. Des autres et de moi-même. Au lieu de nous éloigner, cela a renforcé notre complicité et solidifié nos sentiments.

Quand nos corps se mêlent à d’autres corps, quand je le vois caresser d’autres femmes, quand ses doigts, ses mains, sa bouche les mènent jusqu’à l’orgasme, quand je vois son plaisir, le leur, le mien, c’est comme un ballet dans lequel priment la découverte, le partage, donner, recevoir. Notre amour est la base – solide – de ces échanges corporels, de nos ressentis, de cette danse lascive qui fait vibrer chaque parcelle de nos peaux. Nous savons l’essentiel, le reste est du pur plaisir sexuel, une façon de profiter de toutes les saveurs  que la vie a à nous offrir.

Est-ce que j’ai des doutes, des peurs vis à vis de ces instants? Non. Je peux dire aujourd’hui, qu’à mon avis la jalousie n’existe que si la confiance manque à l’appel. Ce n’est pas le cas. J’ai intégré que c’était quelque chose qui m’attirait aussi. J’ose plus. J’écoute ce que me dit mon corps et ce que me laisse entendre celui des autres. Je ne vois pas ça comme une façon de pimenter notre vie sexuelle – elle est épanouissante en elle même – plutôt comme un état d’esprit, une envie de partager différemment. Je dirais que chaque rencontre est enrichissante à sa manière. Il n’y a qu’à savourer ce qui se présente…

L’orgasme féminin – une œuvre d’art

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Elle était là, le visage entre sa bouche et la mienne, le corps abandonné sur le rivage d’une étreinte passionnée. Je regardais son corps voguant sur la vague de spasmes qui le portaient haut puis le déposait, entre mes caresses.

Je respirais le murmure de son souffle, aspirait ses lèvres, sa bouche, avant qu’elle ne se porte ailleurs et que sa bouche à lui vienne cueillir ses lèvres. Et toujours son corps qui sursautait, son sexe envahit par un orgasme qui enflait à mesure que nos corps se rapprochaient.

On parle de l’orgasme des femmes mais sait-on à quel point c’est beau, d’en être témoin, à quel point le corps qui cède sous l’impulsion des assauts s’offre sans fard, se livre dépourvu de toute hostilité, à quel point on s’approche sans trop y croire de la naissance d’une œuvre d’art.

La voir, là, presque animale, accrochée à la dernière secousse, a ouvert en moi une brèche, m’a transportée au delà du connu, de l’imaginé, dans un espace où je n’étais plus moi, où elle n’était plus elle, où le monde autour n’était plus qu’un océan de jouissance. Et dans lequel j’ai accueilli la sienne, en tremblant.

Le langage érotique

Assise au fond du café, je les écoutais parler. Du dernier roman lu ou apprivoisé. Et puis des mots crus. Ils seraient des mots d’hommes. Uniquement. Des mots froids, des mots presque violents. Qui détruisent quelque chose à l’intérieur.

J’ai prêté l’oreille, je me suis déplacée légèrement pour entendre plus que quelques bribes ici et là. Je voulais en savoir davantage.

Elles se confiaient sur les mots, donc. Les mots qu’on attend des hommes pour décrire une scène érotique. Et ceux qu’on attend des femmes. Les mots des hommes dans la bouche des femmes relevaient du vulgaire. Les mots des femmes dans la bouche des hommes paraissaient mièvres.

Alors donc, nous en étions encore là. A l’heure de la parité, il existait un langage différent pour parler de sexualité, pour évoquer désir, plaisir, jouissance, pénétration, orgasme. L’homme pouvait être bestial mais la femme devait restée sobre. La femme se devait de suggérer quand l’homme devait tout montrer.

Pas choquée, juste un peu perplexe. Après tout je le sais, je participe moi-même au débat, j’abandonne moi-même certains mots que je trouve un peu trop scandaleux. Je fais attention, je suis sur la défensive (de crainte qu’on me juge hâtivement)  et j’admire ces femmes qui osent tout. Et encaissent tout aussi. Parce que l’audace n’est pas toujours bien accueillie, parce qu’elle est condamnée autant par le féminisme exacerbé que par le machisme de base, parce que dès qu’une femme se dévoile, nombreux sont ceux qui se croient tout permis et celles qui portent un regard accusateur.

A partir de quoi, de quand, l’écrivain doit se censurer? A partir de quoi, de quand, doit il arrêter de le faire?