Sensations…

Nous jouons d’un commun accord
Avec la variété des plaisirs
Sur les pentes vallonnées du désir
S’abandonnent nos corps

L’ivresse nous entraine sur des chemins
Qu’hier encore j’aurai fui
Certaine qu’au petit matin
Il ne resterait de nous que des perles de pluie

Main dans la main nous découvrons
Un univers à nul autre pareil
Où tous nos sens en éveil
S’embrasent à l’unisson

Frissons, jouissance, excitation
Autant de sensations qui nous bouleversent
Autant de sentiments qui nous traversent
Chaque fois, un peu plus fort, nous nous aimons

Advertisements

Corps à Corps – Chapitre 1

Sa première visite remonte à quelques mois déjà. Clara, sa conseillère, devait lui faire visiter un pavillon près de la côte. Les photos de l’annonce étaient attractives. Le jour du rendez-vous, Marc remplaçait Clara, souffrante. Ses yeux d’un bleu intense s’étaient perdus dans le vert des siens. Taillé comme un roc, fermement ancré dans la terre mère, il portait un costume gris, une chemise rose, sans cravate, qui lui donnait un air de cadre supérieur un tantinet indiscipliné. Son pantalon tombait parfaitement sur des chaussures noires impeccablement cirées. Sur son visage on devinait quelques rides naissantes qu’il n’essayait pas de cacher. L’âge procurait aux hommes une maturité rassurante, un charme fou.

Estelle n’y fut pas insensible. Ça se voyait à la manière dont elle le détaillait, à cette façon si particulière qu’elle avait d’enrouler ses mains l’une sur l’autre, de jouer avec sa bague, la faisant tourner de gauche à droite, puis de droite à gauche sur son annulaire. Elle n’avait pas arrêté de le regarder à la dérobée tout le temps qu’avait duré la visite, à laquelle elle n’avait pas prêté la moindre attention. A l’issue de celle-ci elle aurait bien été incapable de répondre à une quelconque enquête sur le bien visité. En revanche, elle aurait pu faire un portrait-robot presque parfait de son interlocuteur. Taille et poids estimés, style, couleur et grain de peau, forme des lèvres, sourire, magnétisme, souplesse, structure, musculature. Elle avait tout passé en revue, même l’émotionnel, pris soin de remarquer son aisance financière, son aisance tout court. Il possédait toutes les caractéristiques du commercial accompli. Et ce sourire ensorcelant la fascinait. Elle n’avait échangé que quelques mots avec lui, troublée. Elle aurait pu perdre ses moyens, virer au rouge écarlate, s’emmêler les pinceaux dans ses notes, ses questions – il fallait en avoir un minimum.

Ils s’étaient serrés la main sur le perron. Avait-il senti lui aussi la décharge électrique intense dans ce contact court, le sang qui afflux d’un coup et fait trembler les parois du cœur ? Elle en doutait puisqu’il avait regagné sa voiture sans un regard en arrière. Elle s’était contentée d’appeler l’agence ultérieurement pour leur faire part de son refus de donner suite.

Au bureau le lendemain, Diane l’avait soumise à un interrogatoire qui ne laissait place à aucune tentative de cacher la vérité. Elle voulait tout savoir.

  • Alors cette maison, ma belle ? Tu signes quand ?
  • Sans intérêt.
  • Non ? C’est pas vrai ?
  • Je t’assure.
  • Les photos étaient spectaculaires. Qu’est-ce qui cloche ?
  • Pas de charme. La vue est quelconque.
  • C’est une blague Estelle. Les photos ne peuvent pas mentir à ce point. Elle avait tout pour te plaire.
  • Ça n’a pas fait d’étincelles. Ça arrive.
  • Ça arrive ? C’est tout ce que tu as à dire sur le sujet ?
  • Qu’est-ce que tu veux que je te dise d’autre Diane. Je suis bien assez déçue pour ne pas avoir envie de parler des heures de cette erreur de casting.
  • Je ne te crois pas. Tu me caches quelque chose. Je t’ai déjà vu déçue Estelle, plusieurs fois même. Ce n’est pas de la déception aujourd’hui.
  • Pense ce que tu veux !
  • Désinvolte par-dessus le marché. Tu me prends vraiment pour une débutante Estelle. Allez, crache le morceau !
  • Et s’il te plait ne fais pas durer le plaisir pendant des heures. Lâche tout, on fera le tri après.

Elles avaient démêlé toutes les informations autour d’un burger végétarien pour Diane et d’une salade asiatique pour Estelle. Puis classé les données, éliminé celles qu’elles estimaient sans importance et gardé celles sur lesquelles elles pouvaient se baser pour appréhender la prochaine phase. Il était évident que l’histoire ne s’arrêterait pas là. Diane était de bon conseil. Estelle pouvait lui faire confiance. La prochaine fois, elle aurait toutes les cartes en mains pour que le rendez-vous soit un succès. Sur tous les plans.

A suivre…

Explosion

J’ai explosé ailleurs
Dans un inconnu
Un territoire que je ne connaissais pas
Pas cette fois…

J’ai du mal à l’écrire
Alors comment te le dire?

Quelle sensation exquise
Des vagues non contenues
D’un plaisir qui m’attire
Vers toi – vers moi
Mon corps lâchant tout pouvoir à ton corps
Mon corps tremblant
Qui sur le rivage de nos désirs mutuels
S’abandonne

L’entre-deux mondes

“Tu la sens…”

Une phrase complètement incongrue. Et pourtant dans ce moment là, elle est source d’excitation intense. Elle dit tout ce qui ne peut être dit – trop fade – face à l’intensité de ce qui se joue. Elle est violente et fascinante. Elle nous dépossède de ce que nous sommes dans la vie de tous les jours pour nous livrer à ce que nous sommes au naturel – dépourvus d’artifice – deux corps qui se guettent, se cherchent, se fondent l’un dans l’autre.

Ce plaisir là n’a pas d’équivalent. Il est la fusion de nos énergies. Il se déploie en nous, autour de nous. Nous devenons des corps qui n’aspirent qu’à être encore plus ardemment enchainés l’un à l’autre. Ils se livrent au cœur d’un désir qui s’énonce ainsi “je te veux profondément en moi, possède-moi, envole-moi dans cet ailleurs qui n’appartient qu’à nous, qui est le fruit de nos peurs, de nos fantasmes, de nos déséquilibres, de nos forces vives, cet entre deux-mondes dans lequel nous glissons ivres de sensations nouvelles à chaque rendez-vous.”  

 

 

Derrière le voile…

IMGP2793 (2)

Il s’agissait de ça. Que de ça. La peur de te perdre. Et de me perdre aussi.

J’ai lutté contre cette peur pendant des mois. Je savais qu’une fois la porte poussée, il serait impossible de faire marche arrière. Et si je n’étais plus là, si tu n’étais plus là, que resterait-il?

Et puis nous avons poussé la porte. J’ai lâché la peur en lisant et relisant tes mots. J’ai tout misé sur la confiance et ce qui nous lie. Sans imaginer…

A quel point cela allait nous rapprocher, nous unir davantage.

A quel point mes sentiments allaient devenir encore plus forts.

A quel point j’allais te découvrir davantage.

A quel point j’allais me découvrir dans une configuration qui me permettrait de lâcher mes a-priori.

A quel point mon regard sur mon corps allait changer.

A quel point notre amour était solide. Intense.

A quel point j’allais me libérer d’une idée moralisatrice pour accueillir le plaisir, ma vraie nature, ma vérité.

Avec toi. C’est sûrement le plus précieux…

Let’s make love

I want to

Kiss you, Lick you

Taste every part of your skin

Savor the nectar of your arousal

Find my way around your body

Feel your desire burning

See the spark of lust in your eyes

Watch you wanting me as much as I want you

Naked and free

Making love with you

Is such a precious bonding

That takes us to spaces

I never imagined could exist.

Ce jeu délicieux

Je n’avais rien prévu, ni envisagé. C’est rare me connaissant.

Je ne savais pas quelle tournure prendraient les évènements. Connaître l’endroit me rassurait je crois. Comme si j’avais mes marques.

Je ne pensais pas pouvoir tant de choses. Et puis les choses se sont faites, sans que je ne me pose de questions.

C’était excitant et sensuel. C’était toi et moi, et d’autres. C’était toi et moi, et tous ces corps riches de sensations à vivre, à exploiter, à faire exploser.

Je ne pensais pas que je pourrais voir ta bouche embrasser / embraser d’autres bouches. Et pourtant. Comme je ne pourrais pas toucher d’autres peaux fiévreuses, m’enivrer d’un chaos si intense. Et pourtant. Je ne pensais pas que ce serait si naturel d’être là, dans ces ébats, dans cet état.

J’ai le sentiment que ce jeu délicieux nous rapproche encore plus, comme si nos corps s’exposaient à vif, dépourvus de toutes ces couches qui les habillent au jour le jour. Dans ce partage, j’ai de temps en temps besoin d’accrocher ton regard. Je sais que tu es là, mais j’ai besoin de te voir, de voir le plaisir s’inscrire sur chaque millimètre de ta peau, de te savoir connecté à mon plaisir.

Et puis quand le plaisir prend toute la place, je ne rêve plus que de presser mon corps contre le tien, de retrouver le calme de la mer après la tempête des sens.

 ..